La résistance des « pharmaciens » de rue

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Le 30 janvier dernier, un groupe de femmes et d’hommes a lancé un syndicat dénommé « Syndicat national autonome Lamese » ( SYNA LAMESE). Il s’agit d’une organisation de revendeurs de médicaments installés dans les rues du pays, qui entend « apporter une réponse plus c o m p l è t e, g l o b a l e et institutionnelle » aux activités de ses membres. Avec ce syndicat, les membres veulent instaurer un cadre permanent de dialogue avec les autorités et les partenaires pour leur reconnaissance. Pourtant, la vente de médicaments est une activité réglementée et les pharmaciens diplômés interpellent le gouvernement.

En dépit de son interdiction, la vente des médicaments illicites a toujours pignon sur rue au Togo. Au cœur du grand marché d’Akodéssewa, se trouve une des plus grandes pharmacies à ciel ouvert du pays. Pour les revendeuses rencontrées, c’est une affaire très lucrative. Dame Kossiwa confie par exemple à notre journal que son chiffre d’affaires est de 30.000 FCFA par jour. Du coup, elle n’entend pas abandonner ce commerce et dit comme la plupart des autres revendeuses, ne pas comprendre l’interdiction de cette activité et la répression qui s’ensuit. Elle salue la naissance du syndicat sensé défendre leurs intérêts.


Pour Aquereburu Ahlinba, secrétaire générale de SYNA LAMESE, la création de ce syndicat est non seulement une urgence mais aussi une nécessité pour doter le secteur d’un cadre légal afin de « corriger » les relations conflictuelles qui existent entre eux et les pharmaciens. Mais aussi pour réagir efficacement en cas de saisie de leurs marchandises par la douane ou par les autorités compétentes.
Sous autorisation : En réaction à la création de ce syndicat, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, le Pr Moustafa Mijiyawa, a rappelé dans un communiqué que, « considérant l’importance du médicament dans la vie de l’être humain, toutes les activités relatives à l’achat, à la préparation, à la détention, à la vente et à la dispensation du médicament relèvent du monopole des pharmaciens conformément au Code de la santé ».

Le texte souligne « que toute personne désireuse de travailler au développement du secteur pharmaceutique ou mener une activité relative au secteur du médicament et autres produits de santé, doit au préalable justifier d’une autorisation délivrée par le ministre en charge de la santé ». A l’Ordre National des pharmaciens, on dénonce la naissance de ce regroupement. « Les membres SYNA LAMESE ne sauraient prétendre être des « pharmaciens ». Ce sont des vendeurs de médicaments d’origine douteuse. Les conséquences de leurs activités peuvent être très préjudiciables pour la santé des patients » prévient cette organisation.

Qui considère la vente illicite de médicaments comme dévalorisant leur profession et menaçant la vraie pharmacie. « Votre pharmacien vous connaît bien et vous accompagne. Il adapte son conseil en fonction de votre demande, de tous vos traitements et de votre parcours de santé. Il est toujours en contact avec votre médecin, votre infirmière, l’hôpital… Il est à proximité de chez vous et assure les gardes les nuits comme les dimanches », plaide l’Ordre, dans une note.

« C’est comme si on a perdu du temps à étudier durant toutes ces années et qu’on se retrouve au même niveau que ceux qui ne se sont pas formés », se plaint un pharmacien.

Charles Djade/ Focus Infos

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