Poursuite des travaux de la 43ème session ordinaire du CIP-UEMOA : les députés outillés sur le fonctionnement et l’évolution de l’Union

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Les discussions sur le rapport annuel de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest-africaine ont été ouvertes par une présentation de M. Abdallah BOUREIMA son Président suivie du jeu des questions et réponses.

Avant d’aborder les progrès enregistrés dans l’Union et d’énumérer les actions majeures qui ont été conduites, le Président a rappelé brièvement le contexte macro-économique qui été celui de l’Union en 2018.

Les activités des organes de l’Union ainsi que de la Commission se sont déroulées dans un environnement international caractérisé par un regain de l’activité économique mondiale, porté par la consolidation de la demande intérieure dans les pays industrialisés et le redressement de la plupart des économies émergentes. La croissance mondiale se situerait à 3, 7%.

La croissance économique de l’Union elle se situe, pour la cinquième année consécutive au-dessus de 6%. Le Président a salué cette croissance qui a été soutenue explique-t-il, par l’ensemble des secteurs économiques dans les Etats de l’Union et dont la traduction concrète se manifeste à travers d’une part, la maitrise des  prix de consommation dans l’Union largement en dessous du seuil de la norme communautaire  de 3% et de l’autre, au plan des finances publiques, l’augmentation des recettes totales plus importante que celle des dépenses qui a permis une réduction des déficits publics dans l’Union, soit un déficit global représentant 4,0% du PIB contre 4,3% en 2017.

Il a ajouté que les échanges extérieurs ont connu eux aussi une amélioration de même que la situation monétaire de l’Union marquée par accroissement de la masse monétaire.

La seule légère fausse note dans ce tableau idyllique est relative à la progression constatée ces dernières années du taux d’endettement qui, selon le Président, ressortirait à 47,8% du PIB contre 45,4% en 2017.

Au titre des activités réalisées par la Commission et en exécution des instructions de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement du 10 avril 2017, le Président a rappelé les grandes lignes de sa feuille de route, structurée autour de (trois) orientations majeures. Une feuille de route qui traduit la volonté des Hautes Autorités de l’Union de faire de la Commission « une Institution moderne et crédible, reconnue pour sa culture du résultat et de redevabilité dans la mise en œuvre de sa mission » à savoir, la modernisation de la gouvernance et du pilotage institutionnel ; l’optimisation des charges d’opérationnalisation des politiques sectorielles et le renforcement de la gouvernance économique et de l’application de la législation communautaire par les Etats membres.

Le Président de la Commission a par la suite développé ces trois axes avant de s’appesantir sur les avancées significatives réalisées dans le cadre du processus d’intégration économique et les résultats obtenus d’abord dans le cadre de la surveillance multilatérale, la modernisation du cadre de gestion des finances publiques, les réformes des marchés publics, l’édification du marché commun, les relations avec la CEDEAO, le développement des échanges commerciaux, la facilitation des échanges, la libre circulation des personnes, des biens, des services et du droit d’établissement. 

Le Président Abdallah a tenu à rappeler sa conviction profonde quant à une absence de viabilité de l’intégration de l’Union sans une application effective des reformes communautaires par les Etats membres. C’est la raison qui justifie, affirme-t-il, « l’attention particulière accordée par la Commission à la 4ème édition de la revue annuelle des reformes, politiques, programmes et projets communautaires ». Cet exercice annuel a permis à la Commission de noter avec satisfaction des progrès appréciables d’application des reformes, notamment une progression de sept (7) points de pourcentage.

Malgré la clarté et l’exhaustivité des informations données par le Président dans son intervention et contenues dans le Rapport, les parlementaires communautaires n’ont pas manqué de poser des questions qui traduisent leurs préoccupations sur le fonctionnement et l’évolution de l’Union ainsi que la vie de leur Institution. Les préoccupations ont porté essentiellement sur la nécessité de privilégier la solidarité, de lutter contre l’insécurité au niveau des pays de l’Union, les réformes dans le domaine de l’enseignement supérieur notamment du baccalauréat, la libre circulation des personnes à l’ère du « tout sécuritaire ». En la matière, le Président a émis le vœu de voir les députés se saisir de cette question afin d’éviter que les mesures de sécurité en vigueur au niveau des frontières ne viennent anéantir les acquis obtenus dans ce domaine.

La non application par certains Etats membres des dispositions communautaires relatives au Tarif extérieur Commun (TEC) qui cause un préjudice à l’Union dans son fonctionnement ; les difficultés de recouvrement du Prélèvement Communautaire de Solidarité (PCS) par la Commission ; la liste des infrastructures en chantier et leur taux de réalisation, les faiblesses constatées et mesures correctives envisagées ; l’état d’application des directives et autres règlements par les Etats membres ont été passé en revue au cours des discussions.

Répondant aux préoccupations des Parlementaires, par rapport notamment à la transformation du CIP en un parlement, le Président de la Commission s’est voulu très rassurant. Il indique que des actions ont été menées en vue de la mise en place diligente de cette structure. Si tout se passe bien, les travaux s’achèveront d’ici le premier trimestre de l’année 2020. Le dossier suit son cours et il espère que le dénouement ne saurait tarder. Concernant la paix et la sécurité notamment les relations avec le G5 Sahel, il a rassuré les députés de la disponibilité de la Commission à accompagner cet organe dont trois Etats de l’Union sont membres et à œuvrer sans relâche à l’établissement et à la consolidation de la paix et de la concorde, fondements essentiels de la vie de toutes nations. S’agissant des négociations commerciales multilatérales, il a indiqué que la Commission participe, aux côtes des Etats à la mise en œuvre de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAF) adoptée le 31 mars 2018 par l’Union Africaine. Poursuivant sur ce même registre il a souligné qu’à ce jour quinze des seize Etats de la région Afrique de l’Ouest ont signé L’APE.

Le Président de la Commission a beaucoup insisté sur les défis énergétiques de la sous-région. La Commission a mis en œuvre quatorze projets qui permettront l’émergence d’un marché commun des services énergétiques.

Les débats se sont poursuivis tard dans la matinée sur les autres domaines d’intérêt de la Commission comme l’aménagement du territoire, les infrastructures, le secteur des transports, l’économie numérique et le secteur minier…etc

En Guise de conclusion, le Président a rassuré les parlementaires du CIP sur la poursuite des efforts engagés et qui valent à L’Union de bonnes perspectives économiques, l’orientation des actions vers la modernisation du pilotage institutionnel, la performance organisationnelle en vue d’accroitre l’efficacité de son action dans un contexte de rareté des ressources.

Ce sont des députés très satisfaits de l’exposé qui vont poser pour la postérité avec le Président de la Commission marquant ainsi la fin de cette cérémonie.

Site de l’UEMOA

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