Internet : Notre cerveau adore ! Les neurosciences expliquent pourquoi

(24hinfo)-Si nous sommes rivés en permanence à nos écrans pour échanger, consulter, communiquer et acheter, ce n’est pas un hasard : Google, Amazon et autres Facebook sont conçues exprès pour exciter des zones bien précises de notre cerveau et, ainsi, captiver notre attention. Une manipulation qui s’appuie sur certains de nos ressorts évolutifs.

Ce sont des scènes proprement effarantes, mais que l’on ne remarque même plus tant elles sont devenues banales. Songez à tous ces visages aimantés par l’écran de leur smartphone dans les transports publics, les files d’attente, au restaurant, en classe, en réunion, au spectacle, sur la plage, au volant, au lit, aux toilettes… Ou encore à ce regard de zombie qui apparaît sur le visage poupin du petit dernier penché sur votre tablette – sans parler de l’ado de la famille.

Ces comportements étaient impensables il y a encore dix ans ; le premier iPhone a été lancé en juin 2007 et l’iPad en mai 2010. Comment en est-on arrivé là ? Comment ces petits rectangles à cristaux liquides en sont venus à capter toute l’attention de l’humanité ? Comme si soudain plus rien d’autre n’avait d’importance sur Terre, pas même un beau coucher de soleil.

Nous retenir devant l’écran : l’objectif de la « captologie »

Comment ? Pourquoi ? Bien sûr, ces nouvelles technologies sont ultra-pratiques, portables, accessibles, utiles. Bien sûr, ces écrans nous offrent des possibilités stupéfiantes, ouvrent de nouveaux horizons et proposent aussi des contenus formidables. Mais il n’y a pas que cela ! Car, loin d’être neutres et innocentes, les interfaces des plateformes comme Facebook, Netflix, Amazon, Google, Apple, Snapchat, Instagram, etc. ont été spécifiquement conçues pour attirer et captiver nos cerveaux d’ Homo sapiens … y compris lorsqu’y sont diffusées les pires débilités.

« L’objectif du site Amazon n’est pas forcément de vendre le plus de livres possible, mais que l’utilisateur n’aille nulle part ailleurs, lance Éric Brangier, psychologue ergonome à l’université de Lorraine. Ils se doivent de capter notre attention et de la maintenir le plus longtemps possible… »

Dans le but, à peine caché, de rendre nos cerveaux disponibles à la publicité et d’accumuler toujours plus d’informations personnelles pendant notre navigation.

Les vulnérabilités de notre cerveau sont exploitées par les GAFA

Dans la Silicon Valley, des armées d’ingénieurs se nourrissent ainsi de décennies d’études comportementales sur nos biais cognitifs et épluchent les classiques de la psychologie de l’influence, de l’engagement et de la persuasion. En clair : tous les travaux qui ont trait aux vulnérabilités et aux angles morts de notre cognition, héritée de nos lointains ancêtres chasseurs-cueilleurs. Une discipline scientifique est même née, à l’initiative du psychologue américain Brian J. Fogg : la captologie, qui se veut la fusion de la psychologie de la persuasion et de l’informatique. Une discipline que Fogg enseigne, très officiellement, dans un laboratoire de l’université Stanford à de jeunes étudiants amenés à rejoindre très vite les géants du numérique ou à créer leurs propres applis.

Du bon vieux marketing ? Peut-être, mais avec l’appui des entreprises les plus puissantes du monde, des algorithmes les plus sophistiqués, des ingénieurs les plus pointus et de la technologie la plus fluide de tous les temps. Le résultat est sous vos yeux : une recette cognitive absolument irrésistible, capable de bouleverser la biochimie de nos cerveaux et de révolutionner l’univers mental de notre espèce.

Nous avons remonté le fil neurologique de cette recette magique des écrans. En voici les cinq principaux ingrédients qui expliquent pourquoi nos cerveaux les adorent.

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La suite de ce dossier est à lire dans Science & Vie n°1208, p. 62.

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