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Sénégal : voici les conditions de PASTEF pour adopter la loi de finances rectificative 2026

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Le groupe parlementaire PASTEF – Les Patriotes refuse d’adopter le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 en l’état. À l’issue de deux jours de travaux en commission, les députés de la majorité réclament des garanties sur les investissements publics, le coût de l’énergie, la transparence budgétaire et la gestion de la dette, avant la séance plénière prévue le 27 octobre.

Le projet de loi de finances rectificative 2026 continue de diviser la majorité parlementaire au Sénégal. Dans un communiqué publié après deux journées d’examen en Commission des finances et du contrôle budgétaire, le groupe parlementaire PASTEF – Les Patriotes a annoncé qu’il ne voterait pas le texte en l’état.

Cette position ne signifie pas un rejet de principe de la révision budgétaire. Les députés de PASTEF reconnaissent la nécessité d’adapter les finances publiques aux nouvelles contraintes économiques, mais dénoncent des désaccords sur les arbitrages retenus, les modalités de financement et le manque de garanties fournies à l’Assemblée nationale.

Le groupe parlementaire rappelle que les députés doivent disposer d’informations complètes pour exercer leur mission de contrôle. Il estime que les préoccupations exprimées par la majorité et les demandes de la commission n’ont pas reçu toute l’attention institutionnelle nécessaire.

PLFR 2026 : les cinq conditions de PASTEF

Pour envisager un accord avec le gouvernement avant l’examen en séance plénière, PASTEF formule cinq exigences portant sur les principales orientations budgétaires.

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1. Préserver les investissements publics et les priorités sociales

Le groupe parlementaire demande un réexamen des réductions budgétaires touchant plusieurs secteurs essentiels, notamment la santé, l’éducation, la formation professionnelle, l’hydraulique et les infrastructures.

Il souhaite également préserver les financements destinés à l’industrie et aux projets structurants de l’Agenda national de Transformation. Selon les députés, les ajustements budgétaires devraient porter en priorité sur les dépenses non essentielles plutôt que sur les investissements susceptibles de soutenir le développement du pays.

2. Réduire le coût de l’énergie et protéger le pouvoir d’achat

La deuxième exigence concerne les dépenses énergétiques et leurs répercussions sur les ménages et les entreprises.

PASTEF demande que toute réduction des subventions énergétiques soit accompagnée d’une baisse de la fiscalité sur les produits pétroliers et d’une réduction des coûts d’approvisionnement et de production de l’électricité.

L’objectif affiché est d’éviter une hausse des prix supportés par les consommateurs et les entreprises, dans un contexte où le coût de l’énergie pèse sur le pouvoir d’achat et l’activité économique.

3. Faire la lumière sur les 120 milliards de FCFA du CERP

Le groupe parlementaire exige davantage de transparence sur les 120 milliards de francs CFA liés au Projet autonome de réponse d’urgence contingente (CERP).

Il réclame la transmission des accords conclus avec la Banque mondiale ainsi que des explications détaillées sur l’origine des ressources, leur affectation et leur imputation budgétaire.

Les députés veulent également connaître les conséquences de ces opérations sur les projets d’investissement dont les crédits sont reportés. Cette exigence vise à permettre au Parlement de comprendre les choix opérés dans la réorganisation des dépenses publiques.

4. Réduire le train de vie de l’État et encadrer les fonds spéciaux

PASTEF demande une accélération du programme de rationalisation du secteur parapublic. Celui-ci prévoit notamment, selon le communiqué, la suppression de 19 entités et des économies budgétaires nettes d’au moins 55 milliards de FCFA sur trois ans.

Le groupe souhaite aussi une réduction des dépenses de fonctionnement jugées non prioritaires. Il réclame, par ailleurs, un renforcement de la traçabilité et du contrôle des fonds spéciaux, selon des modalités adaptées à leur nature.

Cette quatrième condition porte ainsi sur la maîtrise des dépenses publiques et l’amélioration des mécanismes de contrôle financier.

5. Garantir la sincérité du budget et la transparence sur la dette

Enfin, les députés de PASTEF demandent des justifications sur les déficits projetés pour 2026 et 2027, au regard des ajustements budgétaires en cours, du changement de base des comptes nationaux et de l’exécution effective des dépenses.

Ils insistent notamment sur la nécessité de clarifier la situation des investissements publics financés sur ressources extérieures.

Le groupe réclame également la communication des rapports d’audit de l’Inspection générale des finances (IGF) sur la dette non financière et du cabinet Forvis Mazars. Il souhaite obtenir des précisions sur les engagements financiers de l’État et sur la trajectoire de soutenabilité de la dette.

PASTEF ouvert au dialogue avant le vote du 27 octobre

Malgré ses réserves, le groupe parlementaire PASTEF – Les Patriotes affirme rester disponible pour des échanges avec le gouvernement afin de trouver un compromis avant la séance plénière annoncée pour le mardi 27 octobre 2026.

Les députés insistent sur la nécessité de soumettre les décisions engageant durablement les finances publiques à un contrôle parlementaire fondé sur des informations précises et documentées.

Pour PASTEF, le redressement des finances publiques ne doit ni pénaliser le pouvoir d’achat des Sénégalais ni compromettre les investissements nécessaires au développement du pays.

L’issue des discussions avec l’exécutif sera déterminante pour la suite de l’examen de cette loi de finances rectificative, dans un contexte marqué par des divergences sur les priorités budgétaires et les conditions de financement de l’État.

 

Lire aussi : Sénégal : PASTEF réunit ses cadres à Dakar, une déclaration attendue 

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