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Programme de transfert monétaire, la solution contre la malnutrition  au Togo

(24hinfo)-Depuis 2013, le gouvernement togolais avec l’appui financier de la Banque mondiale et du gouvernement du Japon et en partenariat avec l’UNICEF met en œuvre le de transfert monétaire.

Il cible les parents d’enfants âgés de 0 à 24 mois, tranche d’âge particulièrement vulnérable, dans les régions de la Kara et des Savanes pour la phase pilote où les taux de malnutrition sont particulièrement alarmants.

En échange d’une aide financière mensuelle, les parents sont incités à établir des actes de naissance pour leurs enfants, à les scolariser et leur donner accès aux soins de santé.

Le programme de transfert monétaire s’est révélé comme un instrument de lutte contre la malnutrition dans les deux régions choisies pour la phase pilote. Les témoignages sur le terrain attestent de la pertinence du programme.

Abna Kolani, mère de 7 enfants dont 3 sont morts de malnutrition, l’une des bénéficiaires du programme a confié avoir constaté réellement un changement de comportement chez les enfants une fois qu’un bon régime alimentaire est enfin assuré à ces dernier.

Depuis 2014 elle reçoit un appui financier mensuel de 5 000 francs CFA – environ 9 dollars – pécule qui l’aide à nourrir et scolariser ses enfants dont le petit dernier qui souffrait de malnutrition sévère.

‘Avec l’argent que je reçois tous les mois pour offrir une meilleure alimentation à mon dernier enfant, j’arrive à mieux nourrir mes enfants et j’observe un grand changement dans leur condition physique : ils sont en meilleure santé et beaucoup plus propres qu’avant. Lorsqu’ils sont malades, je peux les amener au centre de santé pour recevoir des soins. De plus, le programme m’a permis de scolariser l’aîné de mes enfants et tous les quatre ont désormais des actes de naissance’, raconte-t-elle.

Si le montant mensuel accordé aux bénéficiaires (5 000 francs CFA par enfant de moins de 2 ans) est jugé insuffisant par certains, ce programme offre pourtant bien plus qu’un simple soutien financier.

Les 5 000 francs viennent accompagner un ensemble de services que fournissons l’Etat aux bénéficiaires par rapport à la protection des enfants.

Les femmes surtout celles enceintes sont conseillées à faire les consultations prénatales régulièrement et de déclarer leurs enfants à l’état civil dans les 45 jours suivant leurs naissances.

Par ce programme, le gouvernement semble trouver le meilleur canal de lutte contre la malnutrition dans le pays. Le taux récent communiqué par le ministère de la santé est de l’ordre de 6,7 d’enfants au plan national, encore trop.

Raison pour laquelle, l’annonce faite par Faure Gnassingbé le 3 janvier dernier dans son adresse à la nation, décidant d’élargir le programme à toutes les régions semble être une décision salutaire que puisse prendre tout Etat.

Les ménages bénéficiaires des ‘transferts monétaires’ seront portés à 120 000 sur trois ans. Le projet prendra désormais en compte, non seulement les enfants de 0 à 5 ans malnutris ou les femmes enceintes, mais tous les ménages considérés comme pauvres. Un registre social unique est d’ailleurs en cours d’élaboration et permettra d’identifier les caractéristiques des ménages pauvres qui bénéficieront des transferts monétaires sur toute l’étendue du territoire national.

Conséquence du bilan satisfaisant du déroulement du programme sur la phase pilote. Alors qu’il devait bénéficier à 21 500 ménages, finalement ce sont près de 30 000 femmes ou tutrices qui en sont bénéficiaires au quotidien des 5000 FCFA pour améliorer la nutrition de leurs enfants (0 à 5 ans) et accéder plus aisément aux soins de santé.

Sur le terrain, il a été observé une augmentation du poids à la naissance des enfants, une augmentation du taux de déclaration des naissances et une augmentation du taux d’accouchement dans les centres de santé.

De quoi tirer encourager les autorités, les exécutants et les partenaires pour ce projet très ambitieux.

Charles

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