Société

 Au Togo, la parité homme femme peine à s’imposer !

(24hinfo)-‘La participation de la femme à la gouvernance publique : engagement et défis’ c’est le thème retenu au plan national pour célébrer ce jeudi 8 mars la journée internationale de la femme.

Une célébration qui, au-delà de son aspect festif, devra permettre à tous les acteurs du développement, les femmes en particulier, de jeter un regard tant rétrospectif que prospectif sur tous ‘les schémas’ possibles, c’est-à-dire les voies et moyens pour s’intéresser à la chose politique. Si les premières concernées ne prennent pas conscience de leur place dans la société, il n’en demeure pas moins qu’elles se plaignent de leur condition dans la société togolaise.

Sur le plan politique qui nous intéresse particulièrement, la parité tant clamée au plus haut niveau du pays tarde à se concrétiser.

En dépit de la loi sur la parité votée il y a cinq ans à la veille des législatives, la situation n’est guère rose dans la société togolaise.

Sur 91 députés, 17 seulement sont des femmes et dans le gouvernement 6 sur 27, 2 sont préfets, une directrice de cabinet au ministère de l’enseignement supérieur, une à la présidence de la République, et deux autres secrétaires générales dans l’administration centrale.

A la tête des institutions et services de l’Etat, on retrouve une médiatrice de la République, une directrice de la Nationalité, une vice-présidente de l’Université de Lomé etc….

A quoi cette parité de la femme est-elle promue si dans les sphères mêmes officielles rien n’est posé comme acte pour encourager d’autres à suivre le pas.

La bonne foi

C’est beau d’élaborer les textes, le faire voter par l’assemblée, le promulguer mais c’est encore plus intéressant de le faire appliquer.

Le Togo pourrait suivre l’exemple d’autres pays sur le continent africain comme l’Afrique du Sud, le Sénégal, la Namibie, lesquels ont pris très tôt des mesures pour donner à la femme, une place dans la société et faire de la parité dans les sphères de décision, une question d’Etat.

On veut voir des femmes ministres de l’économie et des finances, des femmes premiers ministres, ministres de la justice, de l’agriculture, du plan, de la sécurité etc….

Statut quo dans les partis politiques. A ce jour, combien sont-elles femmes membres des bureaux.

La loi votée

La loi sur la parité est intervenue à la suite de l’annonce faite par le chef de l’Etat lui- même dans l’un de ses discours suivi plus tard par le vote à l’assemblée nationale du projet de loi envoyé par le gouvernement, ceci visant à faire épanouir les femmes. Mais quel bilan faire ? Juste une loi taillée et votée pour les armoires du pays ? D’ailleurs le pays s’illustre à merveille dans ce domaine, élaborer les beaux textes, votés par l’assemblée nationale et laissés dans les tiroirs. La parole donnée doit être suivie pour que la parité femme-homme voulue devienne réalité.

Bientôt les élections, et le thème choisi pour cette célébration de la journée internationale de la femme le 8 mars, au-delà de l’appel ou du constat, doit se traduire dans les faits aux prochaines élections locales et législatives.

Les partis politiques, doivent présenter ou faire le minimum de sacrifice pour présenter des listes à parité femme-homme, et même pourquoi pas permettre aux femmes d’être des têtes de liste.

C’est par là qu’on pourra juger l’effort fournit et évaluer les résultats après. La femme représente au Togo du moins dans la population, plus de 50%, c’est dire que la marge existante pour que cette loi puisse être appliquée sur le terrain est évidente. Alors que chacun fasse sa part.

Le chemin vers la parité

La politique de la parité ne doit pas être conduite sans l’implication même des concernées. L’art de la méthode doit intervenir : préparer les mentalités et encourager les femmes à s’engager en politique

Très peu d’entre elles sont prêtes à s’engager. Très peu conçoivent pour l’instant, la possibilité de sortir l’idée de femmes mères, femmes de foyers pour embrasser l’univers politique.

Cela suppose pour le gouvernement de mettre en place des préalables : promouvoir une éducation judicieuse de la jeune fille à la base, réorienter les contenus des programmes scolaires pour les calibrer en bonne partie sur cette problématique et enfin entrevoir une politique saine de valorisation des mœurs dans la sphère politique, économique et sociale.

Procéder autrement, revient à poser des actes et mettre en place des mesures courageuses!

Bonne fête!

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