Société

Diocèse de Kpalimé : les non-dits  d’une affaire qui opposent des prêtres et  Mgr Bénoît  Alowonou  

(24hinfo)-L’Eglise catholique de Kpalimé (120 km de Lomé) est en grande souffrance. Une catégorie de prêtres se lamente de la gestion humaine, pastorale et financière ‘catastrophique’ et ‘désastreuse’ des affaires par le patron du diocèse, l’évêque, Benoît Alowonou.

Selon les prêtres contestataires, l’exercice de l’autorité est loin d’être évangélique, et tout laisse croire que,’ l’épiscopat est une dignité personnelle qui se décline en un comportement aristocratique’.

Longtemps, le clergé a préféré garder le silence par crainte d’être taxé de désobéissant, mais ce silence a causé du tort à toute l’œuvre d’évangélisation et à l’activité pastorale des principaux collaborateurs de l’évêque que sont les prêtres.

Une affaire à l’origine lointaine

En effet, selon nos informations, la contestation de l’évêque et de sa gestion ne date pas d’aujourd’hui. C’est depuis des années et très vive à partir de 2016, que des voix se sont élevées dans de nombreuses rencontres pour demander à l’évêque Alowonou, de revoir son modèle d’administration, mais ces réactions ont été mal accueillies.

Mgr Alowonou connu pour sa discrétion n’est pas irréprochable dans cet épisode. De nombreux témoignages nous renseignent que le patron du diocèse a ouvertement manifesté des ‘mépris’ à l’endroit des délégations des communautés dans lesquelles officient les prêtres qui le contestent aujourd’hui. Comment un pasteur du peuple peut traiter des gens de ‘barbare’ ou encore ‘ c’est à cause de quelque chose que je vous reçois’? Des expressions et des comportements qui cachent la mission d’un dignitaire.

A l’heure où, le pape François se bat pour insuffler à l’Eglise un authentique esprit évangélique par la conversion de ses dignitaires, certains pasteurs et pères de l’église veulent garder l’ancienne méthode. Triste !

Devant ces faits, la conférence des évêques du Togo, doit prendre le dessus et ne jamais rester complice du modèle de gestion en cours dans ce diocèse. Malheureusement c’est ce qui apparaît à vu d’œil. Dans une déclaration commune, publiée à la fin d’une réunion extraordinaire tenue à Sokodé en début du mois- d’ailleurs non signé si ce n’est qu’une liste de présence en dessous de la déclaration-, il a été écrit noire sur blanc que les trois prêtres à savoir, Daniel Gbadji, Gerson Gale et Azaglo Yves-Paul étaient restés assis à leur place lors de la messe chrismale après un scandale au moment où leurs collègues présents renouvelaient leurs promesses à l’évêque.

Les vidéos et images de la messe ou du scandale, véhiculées montrent clairement que c’est seulement deux prêtres qui étaient restés à leur place, le père Gerson Gale s’est quant à lui levé comme ses collègue. A-t-il renouvelé sa promesse ou pas, lui seul pourra répondre.

Les deux autres étaient-les pères Gbadji, et Azaglo, ‘ennemi de l’évêque pour son franc parlant’-, étaient bel et bien assis pour simple raison, selon les informations, que quand le tissus presbytérienne est déchiré, il faudra trouver une manière de le rétablir avant de passer à un quelconque renouvellement de promesse.

Des occasions ratées pour régler cette crise

Comme nous le disons plus haut, l’affaire en cours dans ce diocèse ne date pas d’aujourd’hui. Dans une lettre en date du 18 janvier 2017, adressée à l’évêque dont nous avons eu à consulter, quatre prêtres du diocèse ont demandé à l’évêque d’opter pour le dialogue en privilégiant la communion et la synodalité dans le règlement de la crise qui a déclenché en 2016.

Mais ce dernier aurait tout rejeté en affirmant ne pas se retrouver dans les faits racontés dans une première correspondance envoyée en 2016.

Et en réponse les prêtres ont écrit dans la lettre du 18 janvier : ‘Monseigneur, nous avons l’impression que vous vous obstinez à maintenir le statuquo et à prendre la posture de victime innocente cherchant à justifier l’injustifiable, à rejeter l’évidence. Nous vous invitons une fois encore à l’humilité pastorale, au courage intellectuel, à la douceur du bon pasteur et à l’abnégation, c’est-à-dire au détachement de tout ce qui n’a pas rapport avec Dieu et l’Evangile pour revenir à la raison et à proposer des solutions concrètes et idoines allant dans la bonne direction qui est celle des réformes urgentes’.

Les concernés ont signifié au patron du diocèse que leur seconde lettre ‘sonne le glas d’une attente patiente’. ‘Il vaut mieux éviter le bras de fer qui peut avoir des conséquences incalculables et déshonorants pour les uns et pour les autres. Sinon vous serez tenu seul responsable de tout ce qui adviendra par la suite’, peut-on lire.

Voilà qui montre que les prêtres indignés ont fait des actions de coulisses avant de remettre sur la place publique les problèmes du diocèse, aujourd’hui transformés en crise pour l’église catholique togolaise.

C’est encore possible de trouver une solution

Et oui, les prêtres concernés ont dans une sortie médiatique ce jeudi 12 avril à Lomé demandé l’ouverture d’un nouveau cadre de dialogue et l’arrêt de toutes les menaces de mort sur leurs vies.

Ils recommandent à l’évêque de travailler courageusement à mettre sur pied de façon effective un cadre permanent de contrôle, de consultation, d’évaluation et de dialogue pour un presbyterium uni, sain et fraternel

Décider de sanctionner ces prêtes aujourd’hui n’est pas la solution, puis que la contestation est profonde et ce n’est pas une suspension qui étoufferait les autres à poursuivre les mouvements. Le mieux c’est de trouver la ligne médiane.

Dans la foulée on apprend aujourd’hui que les prêtres seraient suspendus de leurs fonctions.

Charles

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