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Santé publique au Nigeria : L’exécutif franchit un pas décisif vers la dépénalisation de la tentative de suicide

Le Federal Executive Council (FEC) a officiellement validé un projet d’amendement visant à retirer la tentative de suicide du Code pénal. Le gouvernement nigérian entend désormais privilégier la prise en charge médicale et le soutien psychologique plutôt que la réponse judiciaire.

 Changement de paradigme majeur au Nigeria. Longtemps considérée comme un délit passible de poursuites judiciaires, la tentative de suicide est en passe d’être définitivement dépénalisée. Le gouvernement fédéral a donné son feu vert à une révision clé de la National Mental Health Act, marquant une transition historique d’une logique punitive vers une approche axée sur la santé publique.

Le texte validé par l’exécutif doit à présent être transmis à l’Assemblée nationale pour examen et adoption définitive avant son entrée en vigueur.

Mettre fin à une loi pénale centenaire

Jusqu’à présent, l’article 327 du Criminal Code Act prévoyait une peine allant jusqu’à un an d’emprisonnement pour toute personne ayant tenté de se donner la mort. Une disposition jugée obsolète et contre-productive par les spécialistes de la santé mentale et les défenseurs des droits humains.

Cette décision concrétise les travaux engagés depuis 2024 par une task force nationale dédiée à la réforme de la santé mentale, un processus dont l’exécutif avait déjà souligné l’avancement décisif à la fin de l’année dernière.

Un enjeu critique de santé publique : 300 000 tentatives par an

Pour les autorités nigérianes, l’urgence est avant tout sanitaire et sociale. Citant les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le ministre fédéral de la Santé, Dr Muhammad Ali Pate, a rappelé la gravité de la situation : le pays enregistre chaque année plus de 7 000 décès par suicide et près de 300 000 tentatives.

L’objectif affiché par le gouvernement est clair : réduire de 15 % le taux de suicides et de tentatives de suicide dans le pays d’ici 2030.

En dépénalisant cet acte, le gouvernement espère lever le tabou et la stigmatisation qui empêchent les personnes en détresse psychologique de solliciter l’aide médicale et l’accompagnement dont elles ont besoin.

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