
Condamnés à des peines de prison ferme après des incidents survenus lors de la finale de la CAN 2025, 17 supporters sénégalais ont décidé de ne pas interjeter appel. Leur avocat, Me Patrick Kabou, dénonce une « absence manifeste de procès équitable ».
Arrêtés pour des faits de violence en marge de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, les 17 supporters ont été condamnés, jeudi 19 février, par le tribunal de Rabat, au Maroc. Les peines prononcées vont de trois mois à un an de prison ferme, assorties d’amendes.
« Ne pas cautionner un procès inéquitable »
Dans une déclaration rendue publique dimanche 22 février, Me Patrick Kabou a indiqué que ses clients ne comptaient pas faire appel de la décision.
« Pour eux, faire appel de cette décision, c’est cautionner l’absence manifeste de procès équitable, de respect des droits de la défense et des droits des détenus », a-t-il écrit, précisant avoir été mandaté pour informer l’opinion nationale et internationale.
Selon l’avocat, les supporters « se considèrent comme des otages en attente de leur libération par leurs ravisseurs ». Il dénonce notamment le fait que ses clients n’auraient pas bénéficié des services d’un avocat ni d’un interprète en wolof lors des phases d’enquête et devant le Procureur du Roi. Il affirme également qu’ils n’ont pas pu préparer leur défense avec leurs conseils.
Des peines réparties en trois groupes
Le jugement répartit les condamnations en trois catégories :
Neuf (9) supporters écopent d’un an de prison ferme et d’une amende de 5 000 dirhams (environ 325 000 FCFA) chacun ;
Six (6) autres sont condamnés à six mois de prison ferme et à 2 000 dirhams d’amende (près de 125 000 FCFA) ;
Trois (3) derniers reçoivent une peine de trois mois de prison ferme assortie d’une amende de 1 200 dirhams (environ 75 000 FCFA).
Ces peines sont exécutoires conformément à la décision rendue par la juridiction marocaine.
Appel à une solution diplomatique
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Au Sénégal, l’affaire suscite des réactions. Des voix, dont celle du journaliste Madimabal Diagne, actuellement en France, appellent le président Bassirou Diomaye Faye à privilégier une issue diplomatique, notamment par une demande de grâce adressée au roi Mohammed VI.
Dans l’attente d’éventuelles démarches diplomatiques, les 17 supporters sénégalais restent détenus au Maroc, tandis que la polémique enfle autour des conditions de leur procès.









