Financement de la santé : à Cotonou, Dr Melchior Althanase Aïssi appelle les parlementaires de la CED EAO à agir

Les systèmes de santé en Afrique de l’Ouest dépendent encore beaucoup de l’aide internationale, qui diminue progressivement. Mercredi 25 mars 2026 à Cotonou, lors de l’ouverture d’un atelier des parlementaires de la CEDEAO sur la mobilisation des ressources domestiques pour la santé, le directeur général de l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé, Dr Melchior Althanase Aïssi, a appelé les députés à agir pour garantir un financement local durable et rendre les systèmes de santé plus solides.
« La dépendance aux financements extérieurs rend nos systèmes fragiles et met nos populations en danger », a expliqué Dr Aïssi. Selon lui, cette situation peut provoquer des interruptions de services de santé et ralentir les progrès dans la région.
Mobiliser les ressources locales
Ainsi, insiste-t-il sur la nécessité de mobiliser les ressources internes. Il ne s’agit plus de discuter de l’urgence, mais de trouver comment obtenir des financements durables depuis les budgets nationaux. Cela implique une meilleure planification des ressources, une affectation directe à la santé, plus de transparence et une gouvernance stricte.
Il a aussi souligné que des réformes fiscales innovantes et des décisions politiques courageuses sont essentielles.
Le rôle clé des parlementaires
Pour le directeur général de l’OOAS, les parlementaires de la CEDEAO ont un rôle central. « Sans leur engagement, il n’y aura ni financement sûr ni progrès durable. Ils doivent voter les budgets de santé, contrôler l’utilisation des fonds publics et soutenir les réformes législatives », a-t-il précisé.
Exemples concrets de défis
Le Dr Aïssi a donné l’exemple de l’allaitement maternel exclusif, recommandé pendant les six premiers mois de vie. Cette pratique est importante pour réduire la mortalité infantile et protéger la santé des mères. Mais elle est souvent freinée par des congés maternité trop courts. Des pays comme la Côte d’Ivoire et la Gambie ont déjà allongé ce congé, mais beaucoup restent en retard par rapport aux normes internationales.
Il a également évoqué les taxes sur le tabac et l’alcool comme un moyen de financer la santé. Bien que ces taxes rapportent de l’argent, elles ne sont pas toujours utilisées pour améliorer les services de santé. Le Dr Aïssi a recommandé de créer des mécanismes pour que ces fonds servent directement à la santé publique.
Des initiatives encourageantes
Enfin, il a salué les initiatives locales, notamment au Niger, qui montrent qu’il est possible de financer la santé avec des ressources nationales. Selon lui, disposer de financements internes suffisants est une question de souveraineté sanitaire et la condition pour avoir des systèmes de santé solides et accessibles à tous.









