
À l’approche de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye affiche une ambition qui dépasse le cadre sportif. Il veut faire de ce rendez-vous historique un levier d’émancipation pour la jeunesse et un symbole du rayonnement africain.
« Nous ne préparons pas un spectacle pour notre jeunesse. Nous lui préparons une scène. » Cette déclaration du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye résume l’ambition qu’il nourrit pour les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. À ses yeux, cet événement ne doit pas se limiter à une succession de compétitions sportives, mais offrir aux jeunes une occasion de rêver, de découvrir de nouvelles disciplines et de se projeter dans l’avenir.
Dans un entretien consacré aux enjeux de ces Jeux, le chef de l’État sénégalais insiste sur la place centrale que doit occuper la jeunesse dans cette manifestation internationale. Il souhaite notamment que les enfants et les adolescents puissent assister aux épreuves, s’inspirer des performances des athlètes et envisager de nouveaux horizons.
« Je la regarde comme la réponse »
Pour Bassirou Diomaye Faye, la jeunesse sénégalaise ne doit plus être considérée uniquement sous l’angle des difficultés économiques et sociales. Elle constitue, selon lui, une force capable de contribuer à la transformation du pays.
« On parle souvent de notre jeunesse comme d’un problème. Je la regarde comme la réponse », déclare-t-il.
Cette conviction se traduit par une volonté de rendre les Jeux accessibles au plus grand nombre. Le président évoque notamment la campagne « Dundal JOJ », qui a permis, selon ses propos, d’offrir 200 000 billets aux écoles et aux associations.
L’objectif est de permettre aux jeunes de vivre directement l’expérience olympique plutôt que de la suivre uniquement à travers les écrans. Le chef de l’État espère ainsi susciter des vocations et renforcer la confiance des jeunes dans leurs capacités.
Il lance également un appel aux familles et aux citoyens pour qu’ils accompagnent les enfants assister aux compétitions, estimant qu’une expérience sportive peut parfois marquer durablement un parcours de vie.
Dakar 2026, un tournant pour l’Afrique
Au-delà de la jeunesse, le président sénégalais attribue à ces Jeux une portée historique pour l’ensemble du continent africain. Dakar accueille en 2026 les premiers Jeux olympiques de la jeunesse organisés en Afrique, une première qu’il souhaite transformer en référence pour les futures grandes compétitions internationales.
« La flamme a mis cent trente ans à venir. Elle ne repartira pas en arrière », affirme-t-il.
Par cette formule, Bassirou Diomaye Faye entend souligner le caractère symbolique de l’événement. Pour lui, l’Afrique doit désormais être reconnue non seulement comme un vivier de talents sportifs, mais aussi comme un continent capable d’organiser des manifestations mondiales dans les meilleures conditions.
Le président veut ainsi que l’expérience de Dakar contribue à changer le regard porté sur les capacités organisationnelles du continent.
Une ambition qui dépasse les médailles
Le chef de l’État sénégalais ne réduit toutefois pas la réussite des JOJ aux seules performances des athlètes. Il entend également profiter de cette visibilité internationale pour développer une véritable économie du sport.
Les infrastructures, les compétences acquises dans l’organisation d’un événement mondial et les opportunités offertes aux entreprises locales figurent parmi les retombées qu’il souhaite voir se prolonger après la compétition.
Sa stratégie repose sur trois ambitions : renforcer la place de Dakar dans l’accueil des grandes compétitions, structurer l’industrie sportive sénégalaise et accroître l’influence du pays sur la scène internationale.
« Une fête, cela dure quinze jours. Une place, une industrie et une voix, cela se garde », souligne-t-il.
Cette vision suppose notamment de développer des clubs mieux structurés, des académies sportives, des formations spécialisées et des emplois liés aux différentes activités du secteur.
Faire de l’héritage des Jeux une priorité
Pour Bassirou Diomaye Faye, le véritable succès de Dakar 2026 se mesurera aussi à ce qui restera après la cérémonie de clôture. Il souhaite que l’événement inspire de nouvelles générations et contribue à faire émerger des parcours sportifs, professionnels et entrepreneuriaux.
« Je veux qu’on dise que c’est ici que cela a commencé », insiste-t-il, évoquant l’héritage qu’il espère laisser.
À travers cette ambition, le président sénégalais place Dakar 2026 au croisement de plusieurs enjeux : la promotion de la jeunesse, le développement économique, le rayonnement international du Sénégal et la reconnaissance de l’Afrique dans le mouvement sportif mondial.
Le rendez-vous représente ainsi bien plus qu’une compétition pour le pays hôte. Il constitue une occasion de démontrer que les grands événements peuvent devenir des instruments de transformation, à condition que leurs bénéfices dépassent la seule durée des festivités.
Pour le Sénégal, l’enjeu sera désormais de convertir cette ambition en résultats concrets pour sa jeunesse et son économie.
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