Togo : le budget rectificatif 2025 adopté à 2 436 milliards FCFA, priorité aux dépenses sociales

La représentation nationale a adopté le projet de loi de finances rectificative, exercice 2025, arrêté à 2 436 milliards de francs CFA en charges et en ressources, contre 2 396,6 milliards FCFA dans la loi de finances initiale. Ce réajustement budgétaire traduit une hausse de 39,4 milliards FCFA, dans un contexte marqué par la recherche de sincérité, de transparence et d’efficacité dans la gestion des finances publiques.
Selon le gouvernement, ce collectif budgétaire a été élaboré conformément aux dispositions de la loi organique relative aux lois de finances du 27 juin 2014, notamment ses articles 5, 47 et 48, qui consacrent les principes de sincérité budgétaire et de transparence.
Trois raisons au cœur du collectif budgétaire 2025
L’exécutif justifie cette loi de finances rectificative par trois motivations majeures. La première concerne la réduction des crédits non consommés. Certains projets n’ayant pas été achevés, les dotations correspondantes ont été revues à la baisse afin de garantir un budget plus réaliste.
La deuxième raison porte sur la prise en compte de nouveaux besoins urgents, en particulier dans le domaine de la sécurité. La réaffectation des crédits non utilisés a permis de dégager des marges budgétaires pour renforcer le financement des secteurs jugés prioritaires.
Enfin, la troisième motivation relève du respect des exigences légales. En cours d’exécution budgétaire, le gouvernement était tenu de présenter une loi de finances rectificative afin d’intégrer les évolutions intervenues et maintenir la cohérence des finances publiques.
Des indicateurs macroéconomiques maîtrisés
Le collectif budgétaire 2025 affiche des indicateurs macroéconomiques jugés satisfaisants. Le taux de pression fiscale est fixé à 14,7 %, tandis que le ratio masse salariale/recettes fiscales s’établit à 34,6 %. Le niveau de la dette publique demeure inférieur à la norme communautaire de 70 % du PIB, confirmant la maîtrise de l’endettement.
La croissance économique est, quant à elle, projetée à 6,2 %, traduisant une dynamique économique positive. Le budget rectificatif voté respecte ainsi les critères communautaires en matière de gestion de la dette.
Les dépenses sociales renforcées
À l’instar de la loi de finances initiale, le collectif budgétaire 2025 renforce la priorité accordée aux dépenses sociales, qui représentent désormais 50,8 % des dépenses budgétaires, soit 679,8 milliards FCFA, contre 49,6 % (659,3 milliards FCFA) dans le budget initial.
Pour le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, cette orientation traduit la volonté du gouvernement de renforcer l’investissement dans le capital humain, de promouvoir les activités génératrices de revenus et d’améliorer les conditions de vie des populations. Elle se manifeste notamment par les efforts consentis dans l’accès à l’électricité, la mise en œuvre de l’assurance maladie universelle et l’amélioration de la qualité de l’éducation.
Satisfaction de la majorité parlementaire
Le président du groupe parlementaire UNIR, Aklesso Atcholi, a salué un réajustement budgétaire visant à préserver les grands équilibres macroéconomiques. Il a mis en avant la rigueur et l’efficacité ayant caractérisé le pilotage budgétaire, ainsi que l’optimisation de certaines lignes de dépenses.
De son côté, le président de l’Assemblée nationale, Professeur Komi Selom Klassou, a souligné la portée institutionnelle et politique de l’adoption de cette loi de finances rectificative. Il a insisté sur la capacité du Parlement à ajuster l’action publique avec responsabilité, tout en réaffirmant que la solidarité nationale doit rester au cœur des politiques publiques, sans compromettre la discipline budgétaire.
Avec ce vote, le Togo confirme sa volonté de concilier rigueur financière, priorités sociales et ambitions de développement durable, dans un contexte économique jugé résilient.









