Affaire Epstein : le financier aurait tenté d’accéder aux milliards libyens gelés aux États-Unis

De nouveaux documents rendus publics en janvier 2026 par le Département de la Justice américain révèlent une tentative peu connue de Jeffrey Epstein en 2011 : intervenir dans le dossier des avoirs libyens gelés après la chute de Mouammar Kadhafi. L’homme d’affaires aurait cherché à se positionner comme intermédiaire pour le déblocage de plus de 32 milliards de dollars d’actifs immobilisés aux États-Unis, en échange de commissions substantielles.
Au plus fort du soulèvement contre le régime libyen et de l’intervention internationale, Washington avait imposé de lourdes sanctions financières. Près de 30 milliards de dollars appartenant notamment à la Banque centrale de Libye et au fonds souverain du pays avaient été gelés, constituant alors le plus important blocage d’avoirs jamais appliqué par les États-Unis.
Plusieurs pays occidentaux avaient emboîté le pas. Le Royaume-Uni avait immobilisé près de 12 milliards de livres sterling, tandis que la France et d’autres États européens avaient également bloqué des fonds liés à l’État libyen et à l’entourage de Kadhafi. L’objectif était d’empêcher l’utilisation de ces ressources par le régime en place et de préserver ces actifs pour un futur gouvernement post-Kadhafi.
Un projet mêlant reconstruction et commissions
Des échanges d’emails datant de juillet 2011 indiquent qu’Epstein, accompagné d’un associé identifié comme Greg Brown, envisageait de proposer ses services pour faciliter un déblocage partiel des fonds. Le plan reposait notamment sur l’identification juridique des avoirs gelés par l’intermédiaire de cabinets d’avocats, une démarche présentée comme un appui à la reconstruction de la Libye après le conflit.
En contrepartie, les deux hommes auraient négocié une commission estimée entre 5 % et 10 % des montants récupérés. À l’échelle de plusieurs dizaines de milliards de dollars, les gains potentiels auraient été considérables.
Les documents suggèrent par ailleurs que le duo comptait s’appuyer sur d’anciens agents du MI6 britannique et du Mossad israélien afin d’influencer certains décideurs libyens et américains. L’objectif affiché était d’obtenir un mandat officiel ou une reconnaissance formelle leur permettant de jouer un rôle dans ce processus sensible.







