Togo-Grace Koumayi Bikoyi témoigne depuis la prison civile de Lomé : « Je me tiens debout pour la vérité »

Sage-femme, femme politique et citoyenne engagée, Grace Koumayi Bikoyi prend la parole depuis la prison civile de Lomé pour partager son témoignage et dénoncer la crise morale qu’elle estime traverser le Togo. Elle affirme avoir été victime de violences et appelle à la vérité et à la justice.
Des arrestations et violences dénoncées
Le 6 juin 2025, lors de manifestations pacifiques pour réclamer un Togo juste et vivable, Grace Koumayi Bikoyi a été arrêtée brutalement en pleine ville de Lomé. Conduite à la Brigade de Recherche et d’Investigation, elle affirme avoir été victime de violences, de torture et de viol. Lors de la visite de la délégation de la CNDH, elle a signalé ses douleurs, en vain.
Quelques semaines après sa libération, elle décide de témoigner publiquement malgré les menaces, pour faire entendre la vérité.
Le 3 octobre 2025, elle est de nouveau arrêtée devant son domicile par des agents du SCRIC. Son enfant de 3 ans aurait également été maltraité lors de cette intervention. Elle a été détenue dans des conditions décrites comme « violentes et inhumaines » du 3 au 6 octobre avant d’être placée sous mandat de dépôt.
Face aux dénégations officielles
Depuis sa cellule, Grace Koumayi Bikoyi découvre un communiqué de la Télévision Togolaise affirmant qu’elle n’a subi ni torture ni viol. Elle maintient l’intégralité de ses déclarations et appelle les autorités à constater ses blessures si elles souhaitent des preuves.
Appel à la justice et aux droits humains
Grace Koumayi Bikoyi sollicite l’intervention :
d’une enquête indépendante, impartiale et exhaustive sur les violences qu’elle déclare avoir subies ;
de la garantie de sa sécurité physique, juridique et psychologique en détention et pendant sa grève de la faim ;
de la protection de sa famille, notamment de ses enfants mineurs ;
du suivi rigoureux des institutions togolaises afin qu’elles exercent pleinement leur mandat selon les normes internationales.
Un message de résilience et d’espoir
À son peuple, elle déclare :
« Je ne renonce pas. J’ai vécu des épreuves qui auraient pu briser n’importe qui, mais je me tiens debout, droite et vivante. »
En tant que sage-femme, elle a juré de protéger la vie. En tant que femme politique, elle choisit de défendre la dignité. En tant que Togolaise, elle croit en un avenir où les institutions servent réellement les citoyens.
Elle conclut :« On peut priver un corps de liberté, mais on ne peut pas arrêter une âme éveillée. Le Togo de demain ne se bâtira pas sans nous. »
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