Politique

Togo : pour les 16 ans de l’ANC, Jean-Pierre Fabre charge le pouvoir et relance le combat pour l’alternance

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« Plus de vingt ans après son accession au pouvoir dans des conditions anticonstitutionnelles, Faure Gnassingbé demeure fidèle à une pratique du pouvoir fondée sur la contrainte, la manipulation et la confiscation de la souveraineté nationale. » À l’occasion des 16 ans de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), samedi 10 octobre 2026 à Lomé, Jean-Pierre Fabre a vivement critiqué le pouvoir et réaffirmé son engagement pour l’alternance politique au Togo.

L’ANC n’entend pas tourner la page de son combat politique. Seize ans après sa création, le parti dirigé par Jean-Pierre Fabre maintient son exigence de changement à la tête de l’État. Réunis samedi 10 octobre 2026 au siège de la formation à Lomé, militants, sympathisants et cadres ont célébré cet anniversaire dans une ambiance marquée par des chants, des prières et des slogans.

Mais derrière les festivités des « noces de saphir », le discours du président de l’ANC a donné le ton. Jean-Pierre Fabre a profité de cette commémoration pour dénoncer la situation politique nationale et remettre l’alternance au centre des revendications de son parti.

« La confiscation de la souveraineté nationale »

Dans une déclaration particulièrement sévère, Jean-Pierre Fabre a dressé un bilan critique de l’exercice du pouvoir au Togo depuis 2005. Il a notamment dénoncé les conditions de l’accession de Faure Gnassingbé au pouvoir, à la suite du décès de son père, Gnassingbé Eyadéma, ainsi que les évolutions institutionnelles intervenues depuis lors.

« Depuis lors, son parcours politique est jalonné de coups de force, de violations de la Constitution et de remises en cause répétées de la volonté populaire », a affirmé le président de l’ANC.

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Poursuivant son réquisitoire, il a déclaré : « Plus de vingt ans après son accession au pouvoir dans les conditions anticonstitutionnelles, il demeure fidèle à une pratique du pouvoir fondée sur la contrainte, la manipulation et la confiscation de la souveraineté nationale. »

Ces propos traduisent la détermination du parti à maintenir la pression sur les autorités et à faire de l’alternance politique une priorité de son action.

La réforme constitutionnelle de 2024 au cœur des critiques

Jean-Pierre Fabre a également ciblé la réforme constitutionnelle de 2024, qui a instauré un régime parlementaire et créé la fonction de Président du Conseil, occupée par Faure Gnassingbé.

Pour le président de l’ANC, cette réforme n’a pas répondu aux attentes de changement institutionnel défendues par son parti. Il estime au contraire qu’elle a aggravé les interrogations sur les conditions de l’alternance et l’exercice de la souveraineté populaire.

« Le débat fondamental sur la nature de nos institutions, sur les conditions de l’alternance et sur l’exercice de la souveraineté populaire demeure au cœur de la vie politique nationale », a-t-il déclaré.

Le responsable politique a aussi évoqué la démarche engagée devant la Cour de justice de la CEDEAO concernant le changement constitutionnel. Il a appelé à maintenir le débat démocratique sur la base des textes, des faits, du droit et de la volonté des citoyens.

L’ANC mise sur le Cadre national de concertation pour le changement

Pour donner une suite à ses revendications, l’ANC entend prendre toute sa place au sein du Cadre national de concertation pour le changement (CNCC). Le parti souhaite y travailler avec les autres forces engagées pour une évolution de la situation politique togolaise.

L’objectif affiché est de poursuivre la mobilisation contre ce que la formation qualifie de changement constitutionnel anticonstitutionnel et de réclamer le rétablissement de la pleine souveraineté du peuple.

Seize ans après sa création, l’ANC reste ainsi fidèle à son positionnement d’opposition. Son président a profité de l’anniversaire pour rappeler que la continuité du parti repose avant tout sur l’engagement de ses militants.

« Un parti politique vit d’abord par ses militants. Et vous êtes la flamme de notre bougie qui ne s’éteint jamais », leur a-t-il lancé.

La célébration s’est achevée dans une atmosphère de convivialité, entre hommages aux militants et appels à poursuivre le combat politique. Pour l’ANC, les 16 ans d’existence ne marquent pas seulement une étape dans son histoire : ils constituent aussi l’occasion de réaffirmer son exigence d’alternance au Togo.

Lire aussi-Cour de justice de la CEDEAO : le Togo condamné à indemniser Fabre Jean-Pierre et un militaire

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