Grand Lomé : le gouvernement passe à l’action pour récupérer les réserves administratives illégalement occupées

Le diagnostic est brutal mais clair : dans le Grand Lomé, les réserves administratives sont étouffées par les occupations illégales. Après des mois de recensement, le gouvernement serre désormais la vis. Les prochains jours seront décisifs : il reste très peu de temps aux occupants pour prouver leur légalité.
Depuis novembre 2024, les autorités togolaises ont lancé une opération d’envergure pour protéger les réserves administratives, ce patrimoine foncier indispensable au développement durable des collectivités. Écoles, centres de santé, routes structurantes, infrastructures sportives ou de sécurité… autant de projets qui dépendent directement de ces terres publiques.
Mais l’opération pilote menée dans le District Autonome du Grand Lomé a révélé un fait préoccupant : 68 % des domaines de l’État sont occupés illégalement. Une situation qui ralentit fortement la mise en œuvre de projets d’intérêt général, et pousse le gouvernement à agir avec fermeté. Les occupants irréguliers disposent d’un ultimatum : libérer les réserves au plus tard le 20 novembre 2025, faute de quoi l’État appliquera la loi dans toute sa rigueur.
Des équipes techniques sur le terrain : un travail de fond
Entre septembre et octobre 2025, des équipes techniques ont sillonné les 13 communes du Grand Lomé. Leur mission : vérifier les limites exactes des réserves administratives, consolider les données du recensement et poser des panneaux d’identification pour matérialiser les sites concernés.
Au cours de cette opération, certains occupants ont affirmé détenir des documents légaux. Pour éviter toute confusion ou injustice, le ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, Colonel AWATÉ HODABALO, a réagi rapidement. Il a instruit chaque maire de mettre en place une équipe technique dédiée à la collecte des pièces justificatives auprès des personnes concernées.
Ceux qui ont des documents doivent agir maintenant
Les documents acceptés comprennent entre autres :
arrêtés d’attribution,
arrêtés d’affectation, de rétrocession ou de cession,
contrats d’échange,
tout document administratif valable,
plans parcellaires avec coordonnées UTM pour les vérifications.
Tous ces dossiers doivent être transmis par les maires le 26 novembre 2025. Après cette date, les services compétents entameront l’analyse technique, étape décisive pour distinguer les occupations légales des irrégulières.
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La prochaine étape : vérité des dossiers, décisions transparentes
L’analyse technique permettra :
d’identifier les occupations réellement légales,
de déceler les irrégularités,
de proposer des décisions justes, équilibrées et conformes à la loi.
L’objectif est clair : remettre de l’ordre et garantir une gestion durable du patrimoine public. Les retardataires disposent d’un délai extrêmement court pour sauver leur situation.
Un enjeu collectif, pas un bras de fer
Le gouvernement insiste : cette action n’est pas une chasse aux sorcières, mais une nécessité nationale. Les réserves administratives sont le socle du développement local. Leur occupation anarchique bloque des projets qui amélioreraient directement la vie des populations.
Dans un message d’apaisement, l’exécutif rassure : « Personne ne sera lésé. » Chaque dossier sera traité avec équité, transparence et respect des textes.
Les populations sont appelées à faire preuve de civisme et de responsabilité :
fournir les pièces requises, respecter les délais, collaborer avec les autorités. Car la meilleure attitude, souligne le gouvernement, est d’être dans la légalité et de contribuer à la sérénité du processus.
Le mot d’ordre : protéger l’intérêt général
Avec cette opération, l’État réaffirme sa volonté de défendre son patrimoine foncier et de créer les conditions d’un développement durable et harmonieux. Les communes ont besoin d’espace pour construire les infrastructures publiques de demain.
Et cette fois, le processus ira jusqu’au bout, au nom de l’intérêt général.






