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Togo : Messan Hilaire Locoh-Donou, l’architecte derrière quelques-unes des grandes empreintes de Lomé

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Le monde de l’architecture togolaise est en deuil. Messan Hilaire Locoh-Donou est décédé, selon des sources concordantes. Architecte, urbaniste, enseignant et entrepreneur, il laisse derrière lui plusieurs décennies d’engagement et une empreinte visible dans le paysage de Lomé.

La disparition de Messan Hilaire Locoh-Donou marque la fin d’un parcours qui aura traversé plusieurs secteurs. De l’architecture à l’enseignement, en passant par l’hôtellerie et la vie professionnelle, l’homme s’est imposé au fil des années comme l’une des figures de son domaine au Togo.

Son nom reste notamment lié au cabinet AUBA, à l’École africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (EAMAU), mais aussi à l’hôtel Eda-Oba, devenu l’une des adresses connues de Lomé.

Une formation à Paris avant le retour au Togo

Messan Hilaire Locoh-Donou avait effectué une partie importante de sa formation en France. Diplômé DPLG en architecture, il s’était également formé en urbanisme à l’École des Beaux-Arts de Paris.

De retour au Togo, il choisit de mettre cette formation au service du développement urbain. En 1973, il fonde le cabinet AUBA, qui intervient dans les domaines de l’architecture, de l’urbanisme et des études techniques.

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L’une des réalisations associées à son parcours est l’ancien siège de la Banque togolaise pour le commerce et l’industrie, aujourd’hui occupé par IB Bank. Construit au début des années 1980, le bâtiment porte les caractéristiques d’une architecture moderniste alors en développement à Lomé : béton armé, volumes géométriques et recherche d’un équilibre entre modernité et identité africaine.

De l’architecte au formateur

Locoh-Donou n’a pas seulement construit. Il a également contribué à former ceux qui allaient prendre la relève.

Il participe aux premières années de l’EAMAU et contribue à la création et à l’organisation de l’établissement entre 1976 et 1981. Il y enseigne pendant cinq ans.

Son attachement à la transmission se prolongera au-delà de ses années d’enseignement. Il fera don d’une partie de ses œuvres et de ses archives à l’établissement, contribuant ainsi à préserver une partie de la mémoire architecturale du Togo et de l’Afrique de l’Ouest.

Dix ans à la tête de l’Ordre des architectes

Sur le plan professionnel, son influence ne s’est pas limitée à ses réalisations.

Messan Hilaire Locoh-Donou a dirigé l’Ordre national des architectes du Togo pendant dix ans, de 1986 à 1996. Une responsabilité qui l’a placé au cœur de la structuration de la profession dans le pays.

En 2025, son nom figurait encore parmi ceux des anciens présidents de l’Ordre honorés à l’occasion des 35 ans de l’organisation.

Eda-Oba, le pari de l’entrepreneur

L’architecture ne sera pas son seul terrain d’action. Locoh-Donou s’est également aventuré dans l’hôtellerie avec la création de l’Eda-Oba, sur le boulevard Eyadéma à Lomé.

Avec ses 200 chambres, le complexe s’est développé comme un hôtel et un centre de conférences. Son nom lui-même renvoie à la culture yoruba : « Eda » signifie l’homme tandis que « Oba » désigne le roi.

Le promoteur avait également voulu donner une dimension culturelle au lieu. Deux sculptures représentant des femmes avec leurs enfants, attribuées au professeur Paul Ahyi, y étaient notamment présentes.

L’établissement sera distingué aux West African Tourism and Hospitality Awards dans les catégories de meilleur centre de conférence et de meilleur hôtel cinq étoiles.

Le choc du Covid-19

Comme beaucoup d’entreprises du secteur touristique, l’Eda-Oba connaîtra ensuite les conséquences de la pandémie de Covid-19.

Après une forte baisse de son activité et de sa clientèle, l’établissement sera confronté à des difficultés financières croissantes. Après plus d’une année d’activité fortement réduite, la direction annoncera la mise au chômage technique de l’ensemble du personnel ainsi que la suspension des activités.

Une figure présente au-delà de l’architecture

Le parcours de Messan Hilaire Locoh-Donou s’étendait également à la vie associative. Il a présidé le Rotary Club de Lomé avant de devenir gouverneur du district 9100 en 1998-1999. Il a aussi dirigé la section togolaise du Comité inter-pays France-Togo.

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Architecte, urbaniste, enseignant, responsable professionnel et entrepreneur, il aura ainsi multiplié les casquettes sans jamais vraiment s’éloigner de son premier domaine : bâtir.

Son héritage ne se mesure donc pas uniquement au nombre de bâtiments auxquels son nom est associé. Il se retrouve aussi dans les professionnels qu’il a formés, dans les institutions auxquelles il a contribué et dans une partie du paysage urbain de Lomé.

Avec sa disparition, le Togo perd une personnalité qui aura accompagné, pendant plusieurs décennies, les transformations de son architecture et de son environnement urbain.

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