
Au Bénin, un agronome est dans le viseur de la justice après une publication sur les réseaux sociaux jugée controversée. Le ministère public près de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a requis, le 30 avril, une peine de douze mois de prison ferme assortie d’une amende de 5 millions de FCFA.
Le prévenu est poursuivi pour harcèlement par voie électronique et incitation à la violence, des faits prévus par le code du numérique en vigueur dans le pays. En cause, un message publié sur Facebook dans lequel il appelait à l’émergence de dirigeants « comme Ibrahim Traoré », en référence au chef militaire arrivé au pouvoir au Burkina Faso après le coup d’État d’octobre 2022.
Signalée par plusieurs internautes, la publication a été portée à l’attention du Centre national d’investigations numériques (CNIN), qui a saisi le parquet spécial. Interpellé puis placé en garde à vue, l’agronome a ensuite été placé en détention préventive avant son jugement.
À l’audience, la défense a plaidé la relaxe, contestant notamment l’accusation d’incitation à la violence et invoquant le bénéfice du doute. La juridiction a mis l’affaire en délibéré, avec un verdict attendu en juin 2026.
Cette procédure s’inscrit dans un contexte de surveillance accrue des contenus en ligne au Bénin. Depuis l’adoption du code du numérique en 2018, plusieurs citoyens, journalistes et acteurs politiques ont été poursuivis pour des faits liés à leurs publications.
Dans la sous-région ouest-africaine, marquée par une succession de coups d’État entre 2020 et 2023, la figure d’Ibrahim Traoré s’est imposée comme un symbole largement relayé sur les réseaux sociaux, notamment dans les discours à tonalité panafricaniste.









