Togo : des pluies incertaines au nord, l’alerte de l’ANAMET pour la campagne agricole 2026
À l’approche de la campagne agricole, Agence nationale de la météorologie du Togo tire la sonnette d’alarme. Réunis à Kara, ses experts ont présenté des prévisions saisonnières marquées par des incertitudes pluviométriques, notamment dans la partie septentrionale du pays.
Selon les données dévoilées, la période de juin à août 2026 (JJA) devrait être globalement déficitaire à tendance normale dans le nord, tandis que le sud pourrait connaître des cumuls pluviométriques normaux à excédentaires. Une configuration contrastée qui pourrait peser sur les rendements agricoles.
Un démarrage de saison sous surveillance
Sur le plan agrométéorologique, les prévisions annoncent un démarrage précoce à normal dans les régions Centrale et de la Kara, mais plus incertain dans les Savanes, où un début de saison normal à tardif est attendu. À cela s’ajoutent des séquences sèches longues en début de cycle, un facteur de risque pour les cultures sensibles.
Pour les spécialistes, ces signaux imposent une adaptation rapide des pratiques agricoles. Le choix de variétés résistantes au déficit hydrique et la gestion rigoureuse des calendriers culturaux deviennent des impératifs.
Des ressources en eau sous pression
Les perspectives hydrologiques confirment les inquiétudes. Les écoulements devraient être normaux à déficitaires dans le bassin de l’Oti et nettement déficitaires dans ceux du Mono et du lac Togo. Une situation qui pourrait affecter les aménagements hydro-agricoles et l’approvisionnement en eau.
Face à ces projections, Agence nationale de la météorologie du Togo recommande d’éviter les zones inondables, d’optimiser l’utilisation des ressources en eau et de suivre de près les mises à jour météorologiques.
L’information climatique, nouvel intrant agricole
Pour le directeur général de l’agence, Issaou Latifou, les données climatiques doivent désormais être considérées comme un outil stratégique. « L’information météorologique est aujourd’hui un intrant au même titre que les semences », a-t-il souligné.
Dans cette optique, les autorités misent sur une large diffusion des prévisions, notamment en langues locales via les radios communautaires, afin d’atteindre les producteurs à la base.
Une campagne sous tension
En toile de fond, ces prévisions confirment une tendance lourde : l’agriculture togolaise reste fortement exposée aux aléas climatiques. Entre déficit pluviométrique, irrégularité des saisons et pression sur les ressources en eau, la campagne 2026 s’annonce comme un nouveau test pour la résilience du secteur.









