
Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC, opposition), est monté au créneau pour dénoncer l’extradition de l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba du Togo vers le Burkina Faso. Plus de quinze jours après ce renvoi jugé précipité, aucune information officielle n’a été communiquée sur le sort de l’ancien dirigeant burkinabè, alimentant consternation et inquiétudes.
Dans une déclaration rendue publique le 2 février, le principal parti d’opposition togolais affirme que cette extradition bafoue « les principes juridiques et moraux les plus élémentaires ». Jean-Pierre Fabre tient les autorités togolaises « responsables des conséquences humaines, politiques et juridiques » de cette décision concernant un homme accusé par la junte au pouvoir à Ouagadougou d’avoir tenté de fomenter plusieurs coups d’État.
« C’est une violation flagrante du droit international, du droit d’asile et même des valeurs humanistes que le Togo prétend défendre », a fustigé le leader de l’ANC, évoquant une trahison des obligations internationales du pays, au mépris de la sécurité d’un réfugié politique.
Au-delà de la sphère politique, les critiques trouvent un écho chez de nombreux défenseurs des droits humains. Pape Ibrahima Kane, cofondateur de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho), rappelle qu’un réfugié ne peut être renvoyé vers le pays qu’il a fui par crainte pour sa vie. Il pointe également une atteinte au droit à un procès équitable, soulignant que Paul-Henri Sandaogo Damiba a été arrêté le 16 janvier, jugé le 17 janvier et extradé le même jour, sans possibilité de saisir la Cour suprême pour contester la légalité de la procédure.
Alors que la légalité de cette extradition continue de susciter de sérieux doutes parmi les juristes, la famille de l’ancien président de la transition burkinabè affirme être toujours sans nouvelles de lui.
Le gouvernement togolais a confirmé, le 20 janvier 2026, avoir extradé Paul-Henri Sandaogo Damiba vers le Burkina Faso le 17 janvier. Arrivé au pouvoir en janvier 2022 à la suite d’un coup d’État contre Roch Marc Christian Kaboré, il avait été renversé neuf mois plus tard par le capitaine Ibrahim Traoré, toujours à la tête du pays. Réfugié à Lomé depuis octobre 2022, Damiba était régulièrement accusé, durant son exil, de vouloir déstabiliser les autorités burkinabè.
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