
Le Cameroun perd l’une de ses principales figures judiciaires. Clément Atangana, premier président du Conseil constitutionnel, est décédé dimanche 4 octobre 2026 à Paris, à l’âge de 85 ans. Magistrat de carrière, il dirigeait depuis 2018 une institution appelée à jouer un rôle central dans les grands rendez-vous électoraux du pays.
Nommé par le président Paul Biya lors de la mise en place effective du Conseil constitutionnel, Clément Atangana aura dirigé la haute juridiction pendant près de huit ans. Son parcours à la tête de l’institution l’a placé au cœur des contentieux électoraux des présidentielles de 2018 et 2025.
Une figure centrale des élections présidentielles
En 2018, le Conseil constitutionnel, présidé par Clément Atangana, avait proclamé la victoire de Paul Biya à l’issue de l’élection présidentielle. La juridiction avait alors examiné de nombreux recours introduits par des candidats et leurs formations politiques.
Le magistrat s’était fait remarquer lors des audiences par une formule devenue emblématique dans le traitement de plusieurs requêtes : « irrecevable ».
Sept ans plus tard, son institution s’est retrouvée une nouvelle fois au centre de la bataille électorale. En 2025, le Conseil constitutionnel a notamment confirmé l’exclusion de Maurice Kamto de la course à la présidentielle, une décision qui avait suscité de vives réactions de l’opposition et de défenseurs du processus électoral.
Une succession désormais ouverte
La disparition de Clément Atangana intervient alors que le Conseil constitutionnel reste au cœur du dispositif institutionnel camerounais. À la suite de son décès, le professeur Paul Nchoji Nkwi, doyen des membres encore en fonction, assure provisoirement la présidence de l’institution, conformément aux dispositions régissant le Conseil constitutionnel.
Cette période intérimaire doit permettre d’assurer la continuité du fonctionnement de la juridiction en attendant la désignation d’un nouveau président par décret présidentiel.
Un héritage marqué par les hommages et les controverses
Clément Atangana laisse derrière lui une longue carrière dans la magistrature, commencée en 1968. Il a exercé plusieurs responsabilités judiciaires avant d’accéder à la tête du Conseil constitutionnel en 2018.
Sa disparition suscite des hommages pour son parcours professionnel. Mais son passage à la tête du Conseil constitutionnel demeure également associé aux fortes controverses ayant entouré plusieurs décisions électorales.
Des responsables et acteurs de l’opposition ont notamment accusé l’institution d’avoir favorisé le maintien du pouvoir en place, des critiques qui relèvent d’une lecture politique contestée de ses décisions. En face, le Conseil constitutionnel a toujours statué dans le cadre des procédures et compétences qui lui sont attribuées par la loi.
Avec la mort de son premier président, le Conseil constitutionnel camerounais ouvre ainsi une nouvelle séquence institutionnelle, alors que la question de sa succession est désormais au premier plan.
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