
Sécurité, énergie, lutte contre les flux financiers illicites, autonomisation des femmes et insertion des jeunes : la CEDEAO multiplie les initiatives en 2026 pour renforcer son action dans une sous-région confrontée à de profondes crises politiques, sécuritaires et économiques.
La CEDEAO veut montrer qu’elle reste un acteur incontournable en Afrique de l’Ouest. Après plusieurs années marquées par les crises politiques, les tensions sécuritaires et le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger de l’organisation, l’institution régionale multiplie les initiatives et tente de renforcer sa présence sur plusieurs fronts.
En 2026, son agenda s’est notamment concentré sur la sécurité, l’État de droit, l’énergie, la lutte contre la criminalité financière, mais aussi sur les questions sociales et l’emploi des jeunes.
Sécurité : la CEDEAO renforce son dispositif régional
Sur le terrain sécuritaire, l’organisation entend consolider les mécanismes régionaux de réponse aux crises.
Le 3 octobre 2026, en marge d’une réunion de coordination de l’Union africaine à El Alamein, en Égypte, le président de la Commission de la CEDEAO, le général Birame Diop, a paraphé un protocole d’accord portant sur la Force africaine de soutien (ASF).
L’accord, conclu avec l’Union africaine, la CEEAC, la SADC et la NARC, vise à préciser les mécanismes de mobilisation et de déploiement des forces régionales de réserve en cas de crise ou dans le cadre d’opérations de maintien de la paix.
La lutte contre la circulation illicite des armes figure également parmi les priorités. Du 7 au 11 septembre, à Port Harcourt au Nigeria, la CEDEAO a organisé une formation consacrée à la sécurité physique et à la gestion des stocks d’armes. L’objectif affiché est notamment de limiter les risques de détournement, de trafic et d’explosions accidentelles.
Sur le volet judiciaire, la Cour de justice de la CEDEAO a réuni, du 14 au 16 septembre à Cotonou, magistrats, parlementaires et acteurs de la société civile béninoise autour du droit communautaire et de l’harmonisation du dialogue judiciaire.
Énergie : la CEDEAO veut accélérer l’intégration régionale
L’énergie constitue un autre chantier majeur de l’organisation. Les 29 et 30 septembre, à Abuja, la Commission de la CEDEAO a officiellement lancé le REGIS-WA, un système régional destiné à améliorer la gouvernance et le partage des données dans le secteur énergétique.
Le dispositif, soutenu par l’Union européenne et la GIZ, associe notamment le West African Power Pool (WAPP), l’ECREEE et l’ERERA.
À travers cette initiative, la CEDEAO cherche à améliorer la circulation de l’information, renforcer la régulation et favoriser le développement des énergies propres ainsi que le commerce transfrontalier d’électricité.
Un enjeu stratégique pour une région où les difficultés d’accès à l’électricité continuent de peser sur les économies nationales.
Lutte contre les flux financiers illicites
La question de la transparence financière reste également au cœur de l’agenda régional.
À Accra, au Ghana, le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) a réuni, du 22 au 24 septembre, des journalistes d’investigation de plusieurs pays de la sous-région.
La rencontre vise à renforcer les capacités des médias dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, la corruption et les flux financiers illicites.
Pour la CEDEAO, la lutte contre ces pratiques constitue un enjeu à la fois économique et institutionnel, alors que les États cherchent à améliorer la gouvernance et l’attractivité de leurs économies.
À Lomé, les femmes commerçantes au cœur de l’agenda
La CEDEAO cherche également à renforcer son action en faveur des femmes. À Lomé, en juin 2026, son Centre pour le développement du genre a organisé une « Quinzaine régionale sur le commerce transfrontalier », consacrée notamment aux femmes exerçant dans le petit commerce.
La rencontre a permis de travailler sur la nouvelle Stratégie Genre et Commerce 2026-2030. Des actions de sensibilisation et des foires commerciales ont également été organisées afin de faciliter l’accès des femmes aux opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
L’organisation veut ainsi faire du commerce transfrontalier un levier d’autonomisation économique pour les femmes de la sous-région.
Les enfants et les jeunes au centre des préoccupations
La protection de l’enfance fait également partie des priorités affichées en 2026. Réunis le 23 septembre à Abuja, les responsables des Affaires humaines et sociales de la CEDEAO ont examiné les réponses à apporter aux difficultés auxquelles sont confrontés les enfants, notamment dans les zones touchées par les inondations, les déplacements forcés et la pauvreté.
L’éducation, la santé et la protection de l’enfant figurent parmi les principaux enjeux identifiés.
La jeunesse n’est pas en reste. À travers ses programmes de jeunes professionnels et d’immersion des jeunes diplômés, la CEDEAO enten







