
Des experts des États membres de la CEDEAO sont réunis à Lomé depuis le 5 octobre 2026 pour examiner et valider les données sur l’efficacité énergétique dans l’espace communautaire. Pendant cinq jours, les participants doivent harmoniser les informations collectées afin d’améliorer la planification énergétique et l’orientation des investissements.
Lomé accueille une rencontre régionale consacrée à l’un des enjeux majeurs du secteur énergétique en Afrique de l’Ouest. Des experts des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se réunissent depuis lundi 5 octobre pour passer au crible les données relatives à l’efficacité énergétique.
Les travaux ont été ouverts par Eklo Koffi Messan, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, chargé de l’Énergie et des Ressources minières. L’atelier est organisé conjointement par le Centre pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique de la CEDEAO (CEREEC), la Commission de la CEDEAO et la Commission africaine de l’énergie (AFREC) de l’Union africaine.
Des données de 2023 et 2024 passées au crible
La rencontre s’inscrit dans le prolongement du premier « Rapport sur l’efficacité énergétique dans la CEDEAO : indicateurs et statistiques pour la période 2018-2022 », lancé en août 2025.
Cette première initiative avait permis de mettre en place un mécanisme régional de collecte reposant sur des fiches harmonisées. Ces outils ont ensuite servi à recueillir les données concernant les années 2023 et 2024.
Durant cinq jours, les experts vont examiner ces informations, relever les éventuelles incohérences et rechercher des méthodes communes pour les harmoniser. L’objectif est de disposer de données fiables et comparables sur la situation énergétique des différents États membres.
Les résultats devraient alimenter un nouveau rapport régional sur l’évolution de l’efficacité énergétique et permettre de mesurer les progrès réalisés au regard des objectifs communautaires.
Un enjeu pour les politiques énergétiques
Au-delà des statistiques, l’enjeu est également économique et environnemental. Une meilleure efficacité énergétique doit permettre d’optimiser les capacités de production, de réduire les pertes, d’améliorer la compétitivité des entreprises et de limiter la consommation des ménages.
Elle constitue également un levier dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Mais l’absence de données suffisamment fiables et harmonisées demeure un obstacle à une planification efficace.
Pour les États, connaître précisément les niveaux de consommation par secteur, les pertes d’énergie et la performance des équipements permet de mieux cibler les investissements et de faciliter la mobilisation des financements.
Le Togo mise sur l’accès à l’électricité
À l’ouverture des travaux, Eklo Koffi Messan a mis en avant les efforts engagés par le Togo pour renforcer l’accès à l’électricité et développer ses infrastructures énergétiques.
Selon le ministre délégué, le pays vise un taux d’accès à l’électricité de 100 % à l’horizon 2030, conformément à l’Objectif de développement durable n°7. Le taux d’accès atteignait 75 % à la fin de l’année 2025, a-t-il indiqué.
Parmi les initiatives citées figurent le déploiement de milliers de kilomètres de lignes de moyenne tension, les branchements à coût réduit réalisés grâce au Fonds Tinga ainsi que l’équipement de nombreux foyers ruraux en kits solaires dans le cadre du programme CIZO.
Le gouvernement poursuit également le développement des mini-réseaux et l’augmentation des capacités nationales de production d’électricité.
Pour Eklo Koffi Messan, la disponibilité de données fiables est indispensable pour accompagner ces politiques. Elles permettent, selon lui, de suivre les progrès, d’éclairer les décisions publiques et de mieux orienter les investissements vers les secteurs prioritaires.
« Toute planification énergétique découle d’une base de données fiable »
Même constat du côté du CEREEC. Pour Kouhie Guillaume, chargé de programme Technologie d’énergie renouvelable au sein de l’institution, la qualité des données constitue le point de départ de toute politique énergétique efficace.
« Toute planification énergétique et toute politique énergétique découlent d’une base de données fiable », a-t-il expliqué, estimant qu’une analyse approfondie de ces informations permet ensuite d’établir un diagnostic et de définir les orientations nécessaires à la prise de décision.
À Lomé, les experts de la CEDEAO cherchent ainsi à poser les bases d’un système régional de données plus fiable, comparable et exploitable. Un préalable pour mieux mesurer les progrès réalisés et accélérer les politiques d’efficacité énergétique dans l’espace communautaire.
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