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Côte d’Ivoire : polémique à Abidjan autour de la circulation des motos sur les grands axes

En Côte d’Ivoire, les motos, deux-roues et triporteurs pourront finalement continuer à circuler sur les grands axes d’Abidjan. Le District autonome d’Abidjan a fait marche arrière le 6 décembre, soit 24 heures seulement après avoir annoncé l’interdiction de circulation de ces engins sur une dizaine de boulevards et de ponts de la capitale économique, sous peine de saisie des véhicules.

Initialement justifiée par des impératifs de sécurité routière, la mesure a été suspendue à la suite d’une vive contestation, notamment de la part des conducteurs et des syndicats. Toutefois, ce rétropédalage n’a pas mis fin au débat, relancé ces dernières années autour de la place des motos dans la circulation abidjanaise. Reportage dans la commune de Koumassi.

Les coursiers montent au créneau

L’annonce de l’interdiction avait provoqué une onde de choc chez les livreurs à moto, à l’image de Florentin, coursier à Koumassi :
« C’est la moto qui me permet de subvenir à mes besoins. Si je ne peux pas prendre les boulevards, comment je vais faire pour livrer ? Ce n’est pas possible ! », s’indigne-t-il.

Comme Florentin, des milliers de jeunes dépendent de leur moto pour travailler. La majorité d’entre eux sont affiliés à des plateformes numériques de livraison telles que Yango ou Glovo, devenues incontournables dans le quotidien des Abidjanais.

Un secteur qui fait vivre des milliers de jeunes

Selon les estimations officielles, près de 400 000 deux-roues et triporteurs circuleraient dans le District autonome d’Abidjan. Pour le Sycolci, l’un des syndicats du secteur, une interdiction généralisée sur les grands axes serait difficilement applicable.

« Cela va impacter des milliers de jeunes qui vivent de ces engins. Les vendeurs en ligne et les plateformes de mise en relation seront aussi touchés », prévient Josué Koffi, responsable syndical.

Le syndicat plaide plutôt pour une concertation avec les autorités et revendique la création de voies dédiées aux deux-roues sur les principaux boulevards de la ville.

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Sécurité routière : des chiffres alarmants

Les autorités, de leur côté, mettent en avant la question de la sécurité routière. En 2023, près d’un tiers des accidents mortels enregistrés en Côte d’Ivoire impliquaient des deux-roues. En janvier 2025, ces risques avaient déjà conduit à l’interdiction de circulation des motos et triporteurs sur le boulevard Félix-Houphouët-Boigny, principale artère d’Abidjan.

Sur le terrain, certains usagers de la route partagent ces inquiétudes.
« Les motards se faufilent entre les voitures. Quand tu veux traverser, ils ne s’arrêtent pas. Ils doivent apprendre à rouler doucement », déplore une piétonne.

Respect du code de la route en attendant une solution durable

Pour rappel, un plan de circulation des deux-roues et triporteurs est en vigueur à Abidjan depuis septembre 2021. Après la suspension des nouvelles restrictions, le District autonome d’Abidjan en appelle désormais au respect strict du code de la route par tous les usagers.

En attendant une réforme plus consensuelle, la question de la cohabitation entre motos et automobiles sur les grands axes d’Abidjan reste entièrement ouverte.

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