Afrique

Recherche africaine : à Lomé, le CAMES adopte des décisions majeures pour transformer l’enseignement supérieur

Lomé s’est imposée pendant deux jours comme l’un des centres de réflexion stratégique de la recherche africaine. Les 10 et 11 mars 2026, l’Université de Lomé a accueilli la 16ᵉ réunion extraordinaire du Comité consultatif général (CCG) du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES). Une rencontre de haut niveau qui a rassemblé les représentants de douze États membres autour de réformes décisives pour l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche sur le continent.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique du Togo, Gado Tchangbedji, en présence de plusieurs responsables académiques de l’espace CAMES.

Le Togo réaffirme son ambition pour la recherche

Dans son discours d’ouverture, le ministre a salué l’importance de cette rencontre pour la consolidation d’un espace académique africain plus compétitif et intégré. Il a également mis en avant les efforts du gouvernement togolais en faveur du développement universitaire, notamment les investissements réalisés dans les infrastructures de l’Université de Lomé et de l’Université de Kara, ainsi que le projet de création d’une troisième université publique à Datcha, dans la région des Plateaux.

Le président par intérim du CCG, Gérard Gresenguet, a pour sa part exprimé la gratitude des membres du comité envers les autorités togolaises pour l’accueil réservé à cette réunion stratégique.

Des dossiers clés au cœur des débats

Durant deux jours de travaux, les membres du Comité consultatif général ont examiné plusieurs programmes majeurs du CAMES. Les discussions ont notamment porté sur :

  • les résultats du 22ᵉ concours d’agrégation en Sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion (SJPEG) ;

  • la 47ᵉ session des Comités consultatifs interafricains (CCI) ;

  • les sessions du Programme de reconnaissance et d’équivalence des diplômes (PRED).

Ces mécanismes constituent des piliers essentiels pour l’évaluation des enseignants-chercheurs et l’harmonisation des diplômes dans l’espace universitaire africain.

Une stratégie pour relancer la recherche africaine

L’un des temps forts de la rencontre a été l’examen d’une nouvelle stratégie de redynamisation de la recherche dans l’espace CAMES, élaborée lors d’un atelier organisé à Bamako en janvier 2026.

Cette feuille de route prévoit notamment :

  • la mise en place d’une politique commune de la recherche et de l’innovation ;

  • la création du Réseau des directeurs chargés de la recherche et de l’innovation (REDRIC) ;

  • l’instauration des Collèges d’écoles doctorales du CAMES (CEDoC) ;

  • le développement des Pôles de compétences Recherche, Innovation et Développement (PRIDE-CAMES).

L’objectif est de renforcer la coordination scientifique entre les pays membres, mutualiser les ressources et améliorer l’impact des travaux de recherche sur le développement économique et social du continent.

Des décisions structurantes adoptées

À l’issue de la réunion, plusieurs décisions importantes ont été entérinées. Les membres du CCG ont validé les résultats des différentes sessions académiques examinées et approuvé les grandes orientations de la stratégie de relance de la recherche.

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Ils ont également décidé d’accélérer la création de l’Académie virtuelle du CAMES, un projet destiné à moderniser les outils de formation et de collaboration scientifique au sein de l’espace communautaire.

Par ailleurs, les travaux ont permis de finaliser la préparation de la 43ᵉ session du Conseil des ministres du CAMES, prévue en juin 2026 à Libreville, au Gabon.

Lomé, carrefour de la coopération universitaire africaine

En accueillant cette rencontre stratégique, Lomé confirme son rôle grandissant dans la diplomatie académique africaine. Pour le président de l’Université de Lomé, Kossivi Hounaké, cette réunion marque une étape importante dans la construction d’un espace scientifique africain plus intégré et plus performant.

Les décisions prises à Lomé devraient ainsi contribuer à renforcer la qualité de l’enseignement supérieur africain et à positionner la recherche du continent sur la scène internationale.

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