
Face à la reprise des violences anti-immigrés en Afrique du Sud, le Ghana se réserve la possibilité de lancer de nouvelles opérations de rapatriement. Accra affirme que la sécurité de ses ressortissants reste sa priorité, après avoir évacué près de 2 000 personnes entre mai et septembre 2026.
Le Ghana n’exclut pas de rapatrier de nouveaux ressortissants vivant en Afrique du Sud. Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a assuré que son pays était prêt à intervenir si les violences anti-immigrés venaient à menacer directement la vie de ses citoyens.
Cette déclaration, relayée lundi 12 octobre 2026 par le ministère des Affaires étrangères, intervient après de nouveaux troubles signalés notamment à Johannesburg et à Durban.
Près de 2 000 Ghanéens déjà rapatriés
Selon le bilan présenté par les autorités ghanéennes, 1 964 personnes ont été rapatriées d’Afrique du Sud entre le 27 mai et le 4 septembre 2026.
L’opération a mobilisé 49,72 millions de cedis, soit la monnaie nationale du Ghana. Elle a couvert plusieurs dépenses, notamment le transport, l’hébergement, les soins médicaux et l’aide à la réinstallation des personnes concernées.
Pour Accra, la fin de cette opération ne signifie pas l’arrêt définitif des mesures de protection. Le Bureau consulaire et humanitaire ghanéen poursuit la surveillance de la situation en coordination avec les missions diplomatiques du pays.
Des violences anti-immigrés à Soweto et Durban
Le 8 octobre, des manifestations hostiles aux immigrés ont dégénéré à Soweto et à Durban. Des commerces appartenant à des étrangers ont été pillés, tandis que plusieurs véhicules ont été incendiés.
À Durban, la police a recensé au moins 14 véhicules incendiés, contre dix autres à Soweto, selon les informations rapportées.
Ces violences ravivent les inquiétudes concernant la sécurité des ressortissants étrangers installés en Afrique du Sud, où les tensions liées à l’immigration donnent régulièrement lieu à des incidents.
Pretoria dénonce la désinformation
Le gouvernement sud-africain attribue cette nouvelle flambée de violences à la circulation de fausses informations relatives à une décision de la Cour constitutionnelle sur les demandeurs d’asile.
Les autorités ont précisé que cette décision n’accordait automatiquement ni le statut de réfugié ni un titre de séjour aux personnes entrées irrégulièrement sur le territoire sud-africain.
Dans ce contexte, le Ghana maintient sa vigilance et se dit prêt à organiser de nouvelles évacuations si la situation sécuritaire l’exige. Une éventuelle opération dépendra toutefois de l’évolution des risques auxquels ses ressortissants sont exposés.
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