
Réunis à Ouagadougou du 12 au 16 octobre 2026, les experts douaniers du Burkina Faso, du Mali et du Niger travaillent à la mise en place d’un régime tarifaire préférentiel au sein de l’Alliance des États du Sahel. Le Togo est également associé aux discussions pour renforcer la sécurisation du transit commercial via le port de Lomé.
La Confédération des États du Sahel (AES) accélère son chantier d’intégration économique. Depuis le lundi 12 octobre 2026, des experts des administrations douanières du Burkina Faso, du Mali et du Niger sont réunis à Ouagadougou pour définir les règles devant encadrer l’application d’un tarif douanier préférentiel dans l’espace confédéral.
Au cœur des échanges figurent les règles d’origine des marchandises, les procédures de certification des produits et les conditions d’octroi d’avantages douaniers. L’objectif est de faciliter les échanges entre les trois pays et de renforcer les circuits commerciaux au sein de cet espace.
Des règles communes pour favoriser les échanges
Les travaux portent notamment sur les critères permettant de déterminer si une marchandise peut être considérée comme originaire de l’un des pays membres de l’AES.
La mise en place de procédures communes de certification doit permettre d’identifier les produits éligibles au régime préférentiel et de définir les modalités d’application des avantages douaniers envisagés.
Pour les administrations concernées, l’enjeu est de mieux encadrer les échanges commerciaux, tout en favorisant la circulation des marchandises produites dans les pays de la Confédération.
Le Togo au cœur du dispositif de transit
Au-delà de l’intégration douanière entre les trois États, les concertations accordent une place importante à la coopération avec le Togo. Le port de Lomé constitue un point d’entrée maritime majeur pour les marchandises destinées aux pays de l’hinterland, notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
L’interconnexion des systèmes d’information douaniers figure ainsi parmi les priorités abordées à Ouagadougou. Elle doit contribuer à améliorer le suivi des cargaisons, à sécuriser les opérations de transit et à fluidifier l’acheminement des marchandises entre le littoral togolais et leurs destinations finales.
Le directeur général des Douanes du Burkina Faso, Yves Kafando, a souligné l’importance de cette interconnexion pour renforcer la sécurisation des opérations de transit.
Pour le Togo, cette coopération revêt un enjeu commercial majeur, compte tenu du rôle du corridor togolais dans l’approvisionnement des pays sahéliens.
Une réunion élargie à l’OTR le 14 octobre
Les concertations se déroulent en plusieurs étapes. Les 12 et 13 octobre sont consacrés aux travaux techniques entre les experts des trois pays membres de l’AES. Le 14 octobre, les discussions doivent s’élargir à la délégation de l’Office togolais des recettes (OTR).
Les 15 et 16 octobre sont réservés à une réunion réunissant les responsables ministériels et les directeurs généraux des douanes de l’AES, avec la participation du commissaire général de l’OTR. Cette phase doit permettre d’examiner les propositions élaborées par les experts et de se prononcer sur leur validation.
Les participants doivent également évaluer l’application des recommandations issues de la précédente réunion douanière tenue à Bamako en octobre 2025. Le renforcement de la formation professionnelle, en partenariat avec l’Institut des finances publiques du Burkina Faso, figure aussi à l’ordre du jour.
À travers ces travaux, l’AES entend consolider son intégration douanière, tandis que l’association du Togo aux discussions souligne l’importance des corridors de transit dans les relations commerciales entre les pays sahéliens et le golfe de Guinée.
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