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Sénégal : Ousmane Sonko défend son bilan sur la dette et rejette l’idée d’une restructuration

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L’ancien Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a défendu, lundi 19 octobre 2026, sa gestion de la dette publique lorsqu’il dirigeait la Primature, entre 2024 et 2026. Il affirme avoir privilégié des solutions alternatives de financement, notamment auprès de partenaires financiers internationaux et des Émirats arabes unis, plutôt qu’une restructuration de la dette.

Ousmane Sonko entend lever les accusations d’inaction qui entourent la gestion de la dette publique sénégalaise sous son magistère à la Primature. Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 19 octobre, l’ancien chef du gouvernement a assuré que ni lui ni les principaux responsables financiers de son équipe n’avaient soutenu une restructuration de la dette.

« L’ancien ministre Abdourahmane Sarr peut en témoigner, Cheikh Diba, actuel ministre des Finances, et moi-même, aucun d’entre nous n’a jamais soutenu une restructuration de la dette. Aucun des trois », a-t-il déclaré.

Selon son récit, le président Bassirou Diomaye Faye aurait lui aussi fini par adhérer à cette position après plusieurs réunions. « Après deux ou trois réunions », le chef de l’État se serait ainsi aligné sur le refus défendu par Ousmane Sonko et les deux responsables cités.

L’ancien Premier ministre affirme que cette orientation est restée la position officielle de l’État jusqu’à son départ de la Primature. Il rappelle que le ministre des Finances avait également déclaré devant l’Assemblée nationale qu’une restructuration n’était pas envisagée.

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Entre 1 800 et 2 000 milliards FCFA recherchés

Face aux critiques sur une supposée inertie de son équipe, Ousmane Sonko a défendu les initiatives engagées pour mobiliser des ressources financières.

« Il n’y a jamais eu d’inertie ! », a-t-il martelé, évoquant notamment le Plan de redressement économique et social. Il soutient que des procès-verbaux attestent des discussions menées au sein de l’administration financière sur la question de la restructuration.

L’ancien chef du gouvernement affirme également que son équipe travaillait avec plusieurs institutions financières, dont la Banque africaine de développement (BAD), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et la Banque islamique de développement (BID), ainsi qu’avec JPMorgan.

L’objectif, selon lui, était de mettre en place un fonds de garantie capable de mobiliser entre 1 800 et 2 000 milliards de francs CFA. Ce mécanisme devait permettre au Sénégal de trouver des ressources financières sans recourir à une restructuration de sa dette.

Ces déclarations mettent en avant une stratégie fondée sur la mobilisation de financements alternatifs et le reprofilage de la dette, plutôt que sur une renégociation plus profonde de ses conditions.

Un accord annoncé avec les Émirats arabes unis

Ousmane Sonko a également évoqué des négociations menées avec les Émirats arabes unis. Il affirme s’être rendu à deux reprises dans ce pays et avoir obtenu un accord portant sur près de 2 milliards de dollars, selon ses déclarations.

Ce montant devait, d’après lui, combiner des financements à des conditions favorables et des investissements dans des projets locaux. Parmi les projets cités figure la construction d’un centre d’affaires sur le site de Mermoz libéré par l’armée française.

L’ancien Premier ministre affirme avoir reçu, en février 2026, un message annonçant la libération d’une première tranche d’un milliard de dollars. Selon sa présentation, 900 millions de dollars devaient être consacrés aux opérations financières et 100 millions au projet de centre d’affaires.

Ousmane Sonko assure que les éléments permettant d’étayer ses propos existent dans ses échanges avec le ministre des Finances et les interlocuteurs émiratis. Toutefois, les montants annoncés, les modalités de l’accord et le décaissement effectif des fonds nécessitent une vérification indépendante.

Le refus du cadre commun du G20

Pour Ousmane Sonko, les solutions qu’il affirme avoir négociées rendaient inutile le recours au cadre commun du G20 pour le traitement de la dette. Il estime que le Sénégal disposait d’autres possibilités pour répondre à ses difficultés de financement.

« Le Sénégal ne devait pas accepter d’être le premier cas test, les cobayes d’un nouveau système », a-t-il déclaré, contestant l’idée que le pays devait nécessairement emprunter cette voie.

L’ancien chef du gouvernement considère que la situation sénégalaise relevait avant tout d’un problème de trésorerie et de financement. Il s’est également appuyé sur les propos qu’il attribue à la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), selon lesquels le Sénégal disposerait d’atouts suffisants pour se redresser avec un soutien approprié.

Des déclarations qui appellent des éclaircissements

En défendant son bilan, Ousmane Sonko cherche à démontrer que son équipe avait privilégié une stratégie de financement alternative plutôt qu’une restructuration de la dette publique.

Ses déclarations soulèvent néanmoins plusieurs questions : les financements évoqués avaient-ils fait l’objet d’engagements formels ? Les fonds annoncés par les Émirats arabes unis ont-ils effectivement été décaissés ? Et dans quelle mesure les mécanismes envisagés auraient-ils permis de répondre durablement aux besoins de financement du Sénégal ?

La confirmation de ces éléments par les institutions concernées et la publication des documents correspondants permettraient de mieux apprécier la portée des solutions avancées par l’ancien Premier ministre.

 Lire aussi : Sénégal : Ousmane Sonko recadre les députés sur les enquêtes parlementaires

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