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Mali : l’ONU demande l’abandon des poursuites contre un journaliste

Des experts de l’ONU viennent d’exhorter les autorités maliennes à abandonner immédiatement les poursuites engagées contre un journaliste et quatre hauts fonctionnaires, qui sont toujours en détention malgré l’ordonnance rendue par la Cour d’appel de Bamako prononçant l’annulation des procédures et ordonnant la mise en liberté de ces cinq hommes le mois dernier.

« Les arrestations en décembre 2020 du journaliste Mohamed Bathily, connu sous le nom de Ras Bath, ainsi que de Vital Robert Diop, Souleymane Kansaye, Mahamadou Koné et Aguibou Macky Tall – tous travaillant pour des institutions publiques et parapubliques – ont été effectuées sans l’implication d’aucune autorité judiciaire et en dehors de tout cadre légal », ont déclaré dans un communiqué l’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali, Alioune Tine, la Rapporteure spéciale sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Irene Khan, et le Rapporteur spécial sur l’indépendance des juges et des avocats, Diego Garcia-Sayan.

Selon les experts, ces cinq personnes auraient été détenues « au secret sans pouvoir contacter leur famille, ni avoir accès à un médecin ou à un avocat », lors de leur détention à la Direction Générale de la sécurité d’Etat, qui n’est pas habilitée à détenir des suspects.

« Après leur transfert aux autorités judiciaires, les cinq personnes ont fait l’objet d’une information judiciaire pour complot contre le gouvernement, association de malfaiteurs, offense à la personne du chef de l’État et complicité de ces faits », ont expliqué les experts, ajoutant que l’ancien Premier ministre Boubou Cissé, qui est accusé des mêmes faits, serait en train de « vivre dans la clandestinité et l’on ignore où il se trouve ».

Après l’annulation des procédures par la Cour d’appel de Bamako le 2 mars, le procureur général du Mali a contesté la décision et s’est pourvu en cassation, explique les experts.

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Les Rapporteurs spéciaux estiment qu’il existe des motivations « à connotation politique » dans le traitement réservé à cette affaire et pointent du doigts les violations alléguées des procédures régulières y compris : la décision prise par le Ministre de la Justice, le 23 février 2021, de muter les juges chargés du dossier vers d’autres fonctions quelques jours après la recommandation de l’avocat général auprès de la Cour d’appel d’abandonner les poursuites faute de preuves, le 16 février 2021; l’annulation des procédures par la Cour d’appel de Bamako, le 2 mars 2021, faute de preuves ainsi que le maintien en détention de cinq personnes. 

Source Onu Info

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