
À l’ouverture du Dialogue régional sur le renforcement de l’Agenda de prévention, tenu le 3 juin 2026 à Lomé, la Coordinatrice résidente du Système des Nations Unies au Togo, Coumba Sow, a mis en garde contre la dégradation de la situation sécuritaire dans le Golfe de Guinée.
Un Sahel devenu épicentre mondial du terrorisme
Elle a rappelé l’ampleur de la crise au Sahel en déclarant : « Aujourd’hui, le Sahel est devenu l’épicentre mondial du terrorisme, avec près de 50 % des décès liés au terrorisme enregistrés dans cette zone, selon les données des Nations Unies. » Selon elle, cette réalité régionale a des répercussions directes sur les pays côtiers.
Une menace qui dépasse les frontières
Coumba Sow insiste sur l’élargissement du risque sécuritaire au-delà du Sahel. Elle avertit : « Aujourd’hui, le Golfe de Guinée se trouve à un point d’inflexion stratégique. » Elle ajoute également que « les trajectoires actuelles montrent que nous sommes exposés à un effet de contagion sécuritaire en provenance du Sahel », soulignant l’extension progressive des menaces vers les zones côtières.
Des vulnérabilités multiples dans les États côtiers
La responsable onusienne décrit une dégradation multidimensionnelle marquée par l’expansion de l’extrémisme violent vers les zones côtières, la circulation des armes légères, les trafics transnationaux, ainsi que les conflits liés aux ressources naturelles et les déplacements de populations, qui fragilisent davantage la stabilité régionale.
Les jeunes au cœur des inquiétudes
Elle attire aussi l’attention sur la situation des jeunes, déclarant : « Cette vulnérabilité favorise leur recrutement par des groupes armés et des réseaux criminels, notamment dans les zones frontalières. » Le chômage et le manque d’opportunités économiques sont identifiés comme des facteurs aggravants.
Miser sur la prévention plutôt que la réaction
Coumba Sow plaide pour un changement d’approche en affirmant : « Investir en amont dans la prévention coûte systématiquement moins que gérer des crises prolongées. » Elle appelle ainsi à renforcer les stratégies combinant sécurité, développement et gouvernance.
Une nouvelle initiative régionale pour anticiper les crises
Dans ce contexte, le PNUD, le UNFPA et le HCR ont lancé la Facilité Prévention 2026-2029, destinée à renforcer la coordination entre les réponses sécuritaires, humanitaires et de développement afin d’anticiper les crises plutôt que de les subir.









