Politique

Togo / Sécurité : L’opposition et la société civile exigent des explications sur la présence de forces militaires étrangères

Inquiets face aux révélations de la presse internationale faisant état de la présence de contingents militaires étrangers au Togo, la DMK-Originale, la DMP, la LDP et le Front « Touche Pas à Ma Constitution » sont montés au créneau. Dans une déclaration conjointe publiée ce 20 juillet 2026, ces organisations dénoncent l’opacité du gouvernement et exigent l’ouverture immédiate d’un débat public.

Alors que la région des Savanes reste confrontée à la menace de l’extrémisme violent depuis novembre 2021, la stratégie de coopération militaire des autorités togolaises suscite de vives interrogations au sein de la classe politique d’opposition et de la société civile.

Un partenariat militaire renforcé avec Ankara et Moscou

Pour faire face au défi sécuritaire, Lomé a diversifié ses alliances militaires ces dernières années. Après la signature d’un accord de défense avec la Turquie en 2021 — marqué par l’acquisition de drones de combat Bayraktar TB2 —, le gouvernement a opéré un rapprochement stratégique avec la Russie.

À la suite de visites de haut niveau en 2025 et début 2026, dont la venue à Lomé du ministre russe de la Défense Andreï Belooussov, un navire militaire russe a récemment accosté au port de Lomé avec du matériel spécialisé. Cependant, plusieurs médias internationaux évoquent désormais la présence au sol d’environ 350 personnels russes d’Africa Corps, ainsi que d’éléments de la société militaire privée turque SADAT. Une présence sur laquelle Lomé, Ankara et Moscou conservent un silence absolu.

Opacité et risques d’exactions : Les graves inquiétudes de l’opposition

Face à ce mutisme officiel, la DMK-Originale, la DMP, la LDP et le Front « Touche Pas à Ma Constitution » expriment leur vive préoccupation. Ils déplorent que la seule information partagée avec la représentation nationale se limite aux prorogations successives de l’état d’urgence sécuritaire.

Les signataires soulèvent plusieurs questions cruciales pour la nation :

  • Commandement et souveraineté : Ces forces étrangères sont-elles intégrées à la chaîne de commandement locale ou placées au-dessus des officiers supérieurs togolais ?

  • Rôle sur le terrain : Participent-elles directement aux combats aux côtés des Forces Armées Togolaises (FAT) ?

  • Droits humains : Quelles garanties sont prises pour éviter d’éventuelles exactions ou violations des droits de l’homme contre les populations civiles ?

  • Coût financier : Quel est le coût annuel de ces prestations pour le contribuable togolais au vu des ressources limitées de l’État ?

Les exigences des signataires et appel à la vigilance

Face aux risques de dérives et à l’impact potentiel sur les populations locales, le collectif d’opposition et de la société civile exige :

  1. L’ouverture immédiate d’un débat public sur la présence et le statut de toute force militaire ou paramilitaire étrangère sur le territoire togolais ;

  2. L’assurance formelle qu’aucune force étrangère ne soit impliquée dans des opérations de surveillance, d’intimidation, d’arrestation ou de répression à l’encontre de la population civile.

Tout en appelant le peuple togolais à une vigilance maximale, la DMK-Originale, la DMP, la LDP et le Front « Touche Pas à Ma Constitution » ont réitéré l’importance de maintenir une collaboration franche avec les forces de défense et de sécurité nationales pour faire barrage à l’extrémisme violent.

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