
Souvent source de contestations entre joueurs, supporters et arbitres, le hors-jeu figure parmi les règles les plus discutées du football. Pourtant, son principe repose sur un élément essentiel : la position de l’attaquant au moment où un coéquipier joue le ballon. Explications.
Le hors-jeu peut changer le cours d’un match. Un but peut être refusé après une intervention de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR), tandis qu’une action qui semblait irrégulière peut finalement être validée. Pour comprendre ces décisions, il faut distinguer la position de hors-jeu de l’infraction proprement dite.
Le moment de la passe, un élément déterminant
La règle du hors-jeu est définie par la loi 11 des Lois du jeu de l’International Football Association Board (IFAB), l’instance chargée d’établir les règles du football.
Pour déterminer si un attaquant se trouve en position de hors-jeu, l’arbitre doit observer sa position au moment où un coéquipier joue ou touche le ballon. Ce n’est donc pas nécessairement sa position au moment où il reçoit la passe qui compte.
Un joueur peut ainsi courir vers le but adverse et recevoir le ballon sans être sanctionné si sa position était régulière au départ de la passe. À l’inverse, un attaquant qui se trouvait en position de hors-jeu au moment du départ du ballon peut être sanctionné s’il intervient ensuite activement dans le jeu.
Comment reconnaître une position de hors-jeu ?
Pour être en position de hors-jeu, un joueur doit se trouver dans la moitié de terrain adverse, sans être sur la ligne médiane, et avoir une partie de la tête, du corps ou des pieds plus proche de la ligne de but adverse que le ballon et l’avant-dernier adversaire.
Les bras et les mains ne sont pas pris en compte pour déterminer cette position.
L’avant-dernier adversaire n’est pas forcément le dernier défenseur de champ. Le gardien de but compte lui aussi parmi les adversaires. Selon la disposition des joueurs, le gardien peut donc être devant ou derrière le joueur qui constitue l’avant-dernier adversaire.
En revanche, un attaquant aligné avec l’avant-dernier adversaire n’est pas en position de hors-jeu. Il en va de même lorsqu’il est au niveau du ballon.
Être en position de hors-jeu ne signifie pas commettre une faute
C’est l’une des principales confusions autour de cette règle. La position de hors-jeu, à elle seule, n’est pas une infraction.
Un joueur placé en position irrégulière peut éviter toute sanction s’il ne participe pas activement à l’action. L’arbitre intervient notamment lorsqu’il joue ou touche le ballon transmis par un coéquipier, gêne un adversaire ou tire un avantage de cette position dans les conditions prévues par la loi 11.
Un attaquant peut donc se trouver derrière la défense sans que le jeu soit automatiquement arrêté. La décision dépend de son implication dans l’action et des circonstances prévues par le règlement.
Cette distinction est essentielle pour comprendre pourquoi certaines situations ne donnent pas lieu à un coup de sifflet immédiat.
Trois situations pour mieux comprendre
Dans une première situation, un attaquant reste derrière l’avant-dernier défenseur au moment de la passe. Il peut courir vers le but et recevoir le ballon : il est en jeu.
Dans une deuxième situation, l’attaquant est exactement aligné avec l’avant-dernier défenseur. Il est également en jeu. L’alignement ne constitue pas une infraction.
Dans une troisième situation, l’attaquant se trouve plus près du but adverse que le ballon et l’avant-dernier adversaire au moment de la passe. Il est alors en position de hors-jeu. S’il intervient activement dans l’action, l’arbitre peut sanctionner l’infraction.
Ces exemples montrent pourquoi le placement des joueurs au moment précis de la passe est déterminant.
Les exceptions prévues par le règlement
La loi 11 prévoit également des situations dans lesquelles un joueur ne peut pas être sanctionné pour hors-jeu lorsqu’il reçoit directement le ballon.
C’est notamment le cas sur une rentrée de touche, un coup de pied de but ou un corner. Ces exceptions sont importantes, car elles empêchent d’appliquer mécaniquement la règle à toutes les transmissions du ballon.
En cas d’infraction de hors-jeu, l’arbitre accorde un coup franc indirect à l’équipe adverse à l’endroit où l’infraction a été commise, conformément aux Lois du jeu.
La VAR et les décisions de hors-jeu
L’assistance vidéo à l’arbitrage peut aider les officiels à examiner certaines situations litigieuses. Les images permettent notamment de vérifier la position des joueurs au moment où le ballon est joué.
Toutefois, l’analyse ne porte pas uniquement sur la position de l’attaquant. Il faut également déterminer si celui-ci est intervenu activement dans le jeu et si les conditions de l’infraction sont réunies.
Les décisions peuvent parfois se jouer à quelques centimètres. C’est pourquoi le moment exact du départ du ballon et la position des parties du corps prises en compte sont essentiels.
Une règle fondée sur l’équilibre du jeu
Le hors-jeu vise notamment à empêcher un attaquant de rester près du but adverse en attendant simplement une passe, tout en préservant les possibilités de jeu offensif et les appels dans la profondeur.
Pour les supporters, trois réflexes permettent de mieux comprendre les décisions arbitrales : observer la position de l’attaquant au moment de la passe, comparer cette position à celle du ballon et de l’avant-dernier adversaire, puis vérifier si le joueur intervient activement dans l’action.
Au football, ce n’est donc pas le simple fait d’être derrière la défense qui constitue une faute. C’est la combinaison de la position, du moment de la passe et de la participation au jeu qui permet de déterminer si le hors-jeu doit être sanctionné.
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