
Deux semaines après les attaques coordonnées qui ont secoué plusieurs positions stratégiques au Mali, des milliers de personnes ont manifesté samedi à Bamako pour afficher leur soutien au régime militaire du général Assimi Goïta.
La mobilisation, organisée à l’appel des autorités maliennes, intervient après les offensives menées les 25 et 26 avril par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GNIM) et les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA) contre plusieurs villes du pays, y compris la capitale Bamako.
Une démonstration de soutien au pouvoir militaire
Rassemblés sur la place de l’Indépendance, hommes, femmes et jeunes ont scandé des slogans patriotiques et hostiles à la France, accusée par certains manifestants de soutenir indirectement les groupes armés opérant dans le nord du Mali.
Des rassemblements similaires ont également été signalés à Sikasso, dans le sud du pays. Cette mobilisation populaire intervient dans un climat de forte tension sécuritaire et politique, alors que le pouvoir de transition tente de rassurer l’opinion après ces attaques d’une ampleur inédite.
Des accusations contre la France et l’Ukraine
La crise a pris une dimension internationale après les déclarations du journaliste français Georges Malbrunot, qui a affirmé que la France agirait au Mali « par procuration » à travers des unités du renseignement militaire ukrainien.
Selon ses révélations, relayées dans la presse française, des éléments liés au renseignement ukrainien opéreraient en coordination avec les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad.
Le ministère français des Armées a réagi avec prudence, indiquant que certains anciens légionnaires ukrainiens avaient quitté la Légion étrangère pour rejoindre l’effort de guerre ukrainien, sans confirmer une quelconque implication française dans les opérations au Mali.
Des attaques qui ont ébranlé Bamako
Les assauts du 25 avril ont visé plusieurs sites sensibles, notamment l’aéroport international Modibo-Keïta, le camp militaire de Kati et la résidence du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, qui a trouvé la mort lors des attaques selon plusieurs sources.
Les autorités maliennes affirment avoir neutralisé près de 200 combattants terroristes au cours des affrontements.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans a revendiqué ces opérations dans un communiqué, saluant la participation active des combattants du Front de libération de l’Azawad, une alliance inédite par son ampleur entre groupes djihadistes et mouvements indépendantistes.
Bamako maintient ses accusations contre Kiev
Les autorités maliennes continuent également d’accuser l’Ukraine d’apporter un soutien logistique aux groupes armés actifs dans le Sahel.
Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a réaffirmé cette position devant le corps diplomatique accrédité à Bamako, évoquant l’existence de « sponsors internes et externes » derrière les attaques.
Le Mali avait déjà rompu ses relations diplomatiques avec l’Ukraine en août 2024 après des accusations similaires liées aux affrontements de Tin Zawaten.
Dans ce contexte de fortes tensions régionales, le général Assimi Goïta cherche désormais à consolider son pouvoir tout en affichant une posture de fermeté face aux groupes armés et à leurs soutiens présumés.
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