Sénégal : Pastef annonce un amendement pour rendre publiques les déclarations de patrimoine auprès de l’OFNAC

Le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes s’apprête à porter une offensive majeure en faveur de la transparence dans la gestion des affaires publiques au Sénégal. En marge d’un point de presse animé par le Bureau politique de la formation au pouvoir, ce mercredi 19 août, le député Amadou Ba a annoncé le dépôt imminents d’une proposition de loi visant à faire sauter le verrou du secret sur le patrimoine des dirigeants politiques.
La fin de la clause de confidentialité
Au cœur de cette initiative parlementaire figure la révision de l’article 18 de la loi relative à la déclaration de patrimoine, gérée par l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Actuellement, les données déposées par les assujettis sont protégées par une stricte clause de confidentialité.
L’amendement porté par Pastef entend purement et simplement supprimer cette restriction afin de garantir un accès libre et direct aux citoyens :
« Nous allons faire une proposition de loi pour enlever la confidentialité de la loi sur la déclaration de patrimoine. Nous ferons un amendement de l’article 18 afin que les déclarations soient rendues publiques », a martelé le député Amadou Ba.
Un enjeu de redevabilité et de bataille politique
Pour la majorité présidentielle, cette réforme vise à instaurer un contrôle citoyen permanent sur l’enrichissement des décideurs publics et des acteurs politiques de tous bords.
Le parlementaire n’a d’ailleurs pas caché la portée politique de cette mesure vis-à-vis de l’opposition :
Contrôle citoyen : « En un clic sur le site de l’OFNAC, les Sénégalais sauront les patrimoines déclarés par les autorités et ceux qui nous dirigent. »
Mise sous pression des détracteurs : « Nous saurons tous les patrimoines de ceux qui critiquent Ousmane Sonko. »
Calendrier parlementaire
Le groupe Pastef-Les Patriotes entend battre le fer tant qu’il est chaud. Selon les précisions fournies par Amadou Ba, la proposition de loi sera formellement introduite sur la table du bureau de l’Assemblée nationale dans un délai de deux semaines.
Si elle venait à être adoptée par la représentation nationale, cette modification marquerait un tournant décisif dans l’arsenal de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite en Afrique de l’Ouest.
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