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Togo : l’Université de Kara tourne la page des sessions de rattrapage « infructueuses »

Après  trois années d’expérimentation positive, l’Université de Kara (UK, 420 Km de Lomé) a décidé de tourner dès la prochaine année académique, la  page  des « sessions de rattrapage » au profit de celle de la « compensation des notes ». Mais, la décision à peine annoncée, est décriée par les étudiants et certains syndicats, qui appellent l’autorité à « instaurer un système d’examen spécial ». Des enseignants qui ont fait de la « correction des copies, une source de revenu»  ont emboîté le pas à leurs étudiants. Contactée par notre rédaction, la présidence de l’UK reste ferme : « la décision est actée. La compensation des notes en trois ans d’expérimentation, a permis à 60 % des étudiants de valider des Unités d’enseignement  et obtenir leur Licence contre  5%  pour des sessions de rattrapage très coûteuses en terme d’organisation sur la même période ».  Et pour l’équipe du professeur Sander Komla, le nouveau  système, qui sera de mise dès la rentrée « n’est pas destiné à nuire à l’étudiant, mais plutôt à l’aider à finir son parcours et être compétent ».  Système de rattrapage ou de compensation des notes, que faut-il comprendre ? Explications.

 Rattrapage la trɔ va

L’annonce de la suppression des rattrapages a été faite début octobre par professeur Komi Kpatcha, directeur des affaires académiques et de la scolarité de l’université devant les nouveaux bacheliers. Mal comprise,  elle agite le monde universitaire de Kara, qui  s‘apprête à faire sa rentrée académique.  Une chanson titrée « Rattrapage la trɔ va ! (Rattrapage va revenir)»,  a été composée par certains étudiants de cette deuxième université publique du Togo.  Actée, les autorités ne comptent pas revenir  sur leur décision,  et optent pour l’approche pédagogique. « Aucune réforme n’est jamais acceptée sans bruit, même si elle va dans le sens  de l’intérêt général », commente un observateur.

Pour l’Université de Kara, à part la perte de temps pour l’étudiant qui aurait pu se reposer ou réaliser une activité rentable, les rattrapages constituent aussi une  perte de temps et une nuisance à la santé de l’enseignant, un gaspillage des copies d’examen pour l’Université…

Système adapté à LMD

L’introduction  de la compensation des notes à l’Université  remonte en 2016.  En effet, explique  la direction de la communication à notre rédaction, «  un diagnostic pédagogique à l’UK  a été fait et il a été  constaté que, plusieurs étudiants peinent à obtenir leur licence en trois ans, après avoir composé en examen normal et en examen de rattrapage ».  Entre autres solutions, Komla Sanda, président de l’UK a introduit la compensation des notes qui consiste à accorder aux étudiants ayant obtenu les notes de 7, 8 et 9, les points manquants pour valider les unités d’enseignement qui les retiennent. « Pour valider une UE, l’étudiant doit avoir une note supérieure ou égale à 10/20. C’était donc une période expérimentale pour jauger les deux options c’est-à-dire rattrapage et compensation afin de retenir la meilleure », explique  la direction de la  communication du temple dans une note.

Aujourd’hui, poursuit-elle, « les résultats montrent que 60% des étudiants qui ont obtenu leur licence l’ont eue grâce à la compensation ».  « Elle a l’avantage de raccourcir l’année universitaire tout en garantissant l’effectivité de la semestrialisation ». « Il est rarissime de voir un étudiant ayant obtenu une note inférieure ou égale à 5/20 à la session normale réussir à obtenir une note supérieur ou égale à 10/20 aux rattrapages », relève la présidence de l’Université.

Mobilité entre l’Université de Lomé et Kara

Ce système de note permettra aussi à l’Université de Kara de suivre le rythme de l’année académique de l’Université de Lomé (UL), la plus grande du pays. « L’organisation des rattrapages prend au moins un mois sans compter la période de correction des copies et de gestion des réclamations, explique la présidence.  La suppression des rattrapages maintenant, rendra possible la mobilité avec l’Université de Lomé et les autres universités partenaires d’Afrique et d’Europe notamment. En plus, le LMD va devenir plus effectif à l’UK ».

« S’il y a encore une meilleure décision qui a été prise par le Professeur Komla Sanda au profit de l’UK, c’est bien la suppression des rattrapages qui profitent à tous », se félicite un professeur.

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