Afrique

Cyberesclavage : Quand de fausses offres d’emploi transforment les diplômés en escrocs malgré eux

C’est le nouveau visage glaçant de la traite des êtres humains. Sous couvert d’offres d’emploi alléchantes à l’étranger diffusées sur Internet, des réseaux criminels séquestrent des centaines de milliers de personnes pour les forcer à orchestrer des arnaques en ligne. À la veille de la Journée mondiale contre la traite des personnes, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) tire la sonnette d’alarme.

Un diplôme en poche, une bonne maîtrise de la langue anglaise, l’espoir d’une vie meilleure et un billet d’avion financé vers l’Asie du Sud-Est… Le piège parfait. Une fois arrivés à destination, le rêve de ces jeunes chercheurs d’emploi bascule au cauchemar : passeports confisqués, enfermement sous garde armée et obligation de commettre des cyberescroqueries sous peine de tortures.

Une industrie criminelle générant des milliards

Selon les révélations de l’OIM et de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), cette forme d’exploitation a pris une ampleur industrielle particulièrement lucrative.

  • Des bénéfices vertigineux : Pour la seule année 2025, les escroqueries informatiques menées depuis ces centres auraient causé entre 88,3 et 114,1 milliards de dollars de pertes en Asie et en Océanie.

  • Un profil d’usines à arnaques : Les victimes sont enfermées dans des complexes hyper-sécurisés et contraintes de dépouiller des particuliers à travers le monde via des campagnes de cyberfraude.

  • Une violence extrême : Isolement, privations de nourriture, passages à tabac et violences sexuelles constituent le quotidien de ceux qui refusent ou n’atteignent pas leurs quotas d’escroqueries.

« Les offres d’emploi sont pour la plupart publiées sur les réseaux sociaux. Elles se présentent comme des emplois tout à fait normaux. Ils recrutent des personnes instruites qui parlent souvent très bien anglais », prévient Amy Pope, Directrice générale de l’OIM.

Le monde entier désormais ciblé par les recruteurs

Si le foyer initial du phénomène reste l’Asie du Sud-Est, les tentacules des réseaux mafieux s’étendent désormais partout sur la planète. Fin 2025, des victimes originaires de près de 80 nationalités différentes avaient déjà été répertoriées, incluant des ressortissants d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Europe et d’Amérique latine.

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