CEDEAO/OOAS : une page se tourne à Freetown, Dr Melchior Aïssi fait ses adieux à la direction de la santé ouest-africaine

L’ouverture de la 27ᵉ session ordinaire de l’Assemblée des ministres de la Santé de la CEDEAO a été marquée par une forte charge émotionnelle à Freetown, en Sierra Leone, avec les adieux du Directeur général sortant de l’OOAS, le Dr Melchior Athanase Joël C. Aïssi.
Dans une allocution empreinte de gravité et de reconnaissance, le responsable a annoncé qu’il quittera ses fonctions en juillet 2026, au terme d’un mandat entamé en août 2022. Une dernière prise de parole devant les ministres de la Santé de la sous-région, marquée par des hommages et des applaudissements nourris.
Un mandat marqué par des défis structurels
Dr Aïssi a rappelé les difficultés rencontrées durant son passage à la tête de l’institution, notamment la délocalisation du siège de l’organisation, les tensions liées aux ressources humaines dans le secteur de la santé, ainsi que l’arrêt de certains financements extérieurs, dont ceux de l’USAID.
Malgré ces contraintes, il affirme avoir transformé ces défis en opportunités de réforme. Sous son leadership, des mécanismes de gouvernance ont été renforcés, notamment à travers la mise en place de comités de pilotage dans les États membres et une meilleure traçabilité des financements.
Les ressources de l’organisation ont également été réorientées vers la santé communautaire, dans le but de renforcer la résilience des populations face aux crises sanitaires.
Une reconnaissance unanime des partenaires
L’émotion était palpable lors de cette session de Freetown. Plusieurs partenaires techniques et financiers ont salué la gestion du Directeur général sortant. Dionké Fofana, représentant du Groupe Agence Française de Développement, a notamment qualifié Dr Aïssi de « champion de la santé publique », soulignant son engagement en faveur de la santé communautaire et sa capacité à maintenir le cap malgré les turbulences.
Il a également évoqué les difficultés personnelles rencontrées par le responsable, contraint de quitter son logement en 2024 à Bobo Dioulasso pour des raisons de sécurité, tout en poursuivant ses missions à l’échelle régionale.
Des avancées institutionnelles et sanitaires
Sur le plan des résultats, plusieurs progrès ont été mis en avant. Le budget de l’OOAS aurait connu une augmentation estimée entre 25 et 30 %, renforçant la capacité opérationnelle de l’organisation.
Par ailleurs, des avancées notables ont été enregistrées dans la lutte contre le paludisme. Le Cap-Vert est cité comme ayant éliminé la maladie, illustrant les impacts positifs des stratégies régionales coordonnées.
Dans le même temps, les pays de la sous-région poursuivent leurs efforts dans une dynamique commune visant l’élimination de cette endémie.
Un héritage institutionnel revendiqué
À l’heure du bilan, Dr Aïssi affirme quitter ses fonctions avec la conviction d’avoir consolidé les bases d’une OOAS plus robuste et plus crédible. Il met en avant les réformes engagées, la mobilisation des partenaires et les avancées en matière de gouvernance sanitaire.
« Je quitte mes fonctions avec la conviction que l’OOAS est aujourd’hui plus forte que jamais », a-t-il déclaré, saluant la collaboration des États membres et des partenaires techniques.
Vers une nouvelle direction en 2026
En juillet 2026, l’organisation devra désigner un nouveau Directeur général chargé de poursuivre les réformes engagées et de relever les défis sanitaires persistants dans l’espace communautaire.
En attendant cette transition, la session de Freetown aura servi de tribune à un hommage appuyé à un leadership jugé structurant pour la coopération sanitaire ouest-africaine, dans une région toujours confrontée à des enjeux majeurs de santé publique.









