Tribune

Togo : de la légitimité d’un recensement

[Opinion]-Dans 24 heures, va démarrer dans la zone 2 établie par la CENI, le second tour du recensement chargé de mettre en place un nouveau fichier électoral pour les élections législatives et locales à venir.

Comme la CENI travaille sous la supervision des experts de la CEDEAO, je me suis amusé à regarder un peu la taille du corps électoral de plusieurs pays d’Afrique, et le ratio par rapport à la population générale. Vous serez étonnés par les résultats.
Allons-y.

On commence par nos voisins immédiats.

Bénin, population totale lors des élections de 2016, 10,3 millions, nombre d’inscrits 3 millions, soit un ratio de 29%

Ghana, élections présidentielles de 2016, population totale, 25.9 millions, nombre d’inscrits, 10,7 millions, soit 41,3%

Burkina Faso. Présidentielles de 2015, population totale 18,3 millions, nombre d’inscrits 5, 5 millions, soit 30%

Allons plus loin, Cote d’ivoire. Présidentielles de 2015: populations totale: 25,2 millions, nombre d’inscrits 6,3 millions, soit *17,8%*

Mali: Présidentielles de 2018, population totale, 18,9, nombre d’inscrits, 8 millions, soit 42,3%

Sénégal: Présidentielles de 2012. Population totale 15;7, nombre d’inscrits 5,3; soit un ratio de 33,7%

Togo. élections présidentielle de 2015. Population totale 6,1, nombre d’inscrits 3,5, soit un ratio de *57,3%*

Sachant que les sources démographiques sont les mêmes, il faut donc partir du fait que les populations togolaises se mobilisent mieux pour les consultations électorales. Nous faisons même mieux que les Ghanéens.

Les deux leçons de cette petite démonstration sont:

Primo: à l’échelle de la CEDEAO, le ratio nombre d’inscrits sur population totale est rarement pris en compte pour qualifier un scrutin. Le cas de la cote d’ivoire est symptomatique (17%). Et c’est le même chiffre pour les locales qui viennent de se dérouler dans le pays.

Secondo, le recensement de la première zone ayant déjà dépassé la *moitié de 3 millions*, on aura du mal à montrer, si la seconde zone fait pareil, en quoi ce recensement ne serait pas valide, surtout si les experts de la CEDEAO le certifient.

De toutes les façons, ce recensement serait dévoyé par la CEDEAO qu’on aurait arrêté les frais depuis la fin de la première zone.

J’ai beau me creuser les méninges, je ne comprends pas la stratégie qui est derrière le boycott. Un recensement coûte déjà trop d’argent pour qu’on le recommence. Le prolonger, oui, mais le reprendre, si nous franchissons la barre de 3 millions d’inscrits, sachant qu’on avait aussi 3 millions en 2013, est proprement illusoire.

Je me pose des questions.
Bref, comme je ne cesse de le dire, j’attends de pieds ferme celui qui va déposer sa candidature pour les élections prochaines (législatives et locales) après avoir appelé au boycott.

Plus rien ne sera comme avant. Plus rien.

Gerry Taama, président du NET

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