Togo : l’opposition fustige la conférence de l’APF et parle de « vitrine démocratique trompeuse »

La tenue à Lomé de la 17ᵉ Conférence des Présidents d’Assemblée et de Section de la Région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) suscite la colère de l’opposition togolaise. Ce mardi, quatre regroupements politiques et de la société civile ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « vitrine démocratique trompeuse ».
Réunis au siège de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), les responsables de la DMP, de la DMK-ORIGINALE, du LDP et du Front « Touche Pas À Ma Constitution » ont dénoncé « un signal trompeur à l’international » alors que, selon eux, le Togo traverse une grave crise démocratique. Arrestations de militants, restriction des libertés publiques et remise en cause du suffrage universel figurent au cœur de leurs critiques.
« Organiser cette conférence ici donne une image déformée de notre réalité politique », a déclaré Nathaniel Olympio, porte-parole du Front.
Lire aussi-Polémique au concert de HIMRA au Togo : Anadaboy présente des excuses publiques
Les opposants rappellent que Faure Gnassingbé est au pouvoir depuis plus de 20 ans, succédant à son père, Gnassingbé Eyadéma, resté 38 ans à la tête du pays. Ils pointent particulièrement la nouvelle Constitution adoptée le 19 avril 2024, qui supprime l’élection présidentielle au suffrage universel direct et ouvre selon eux la voie à un régime parlementaire incompatible avec les standards démocratiques internationaux.
La conférence de presse a également évoqué les violences contre les manifestations de juin 2025, ayant fait plusieurs morts et de nombreux blessés, ainsi que les incidents du 29 septembre 2024 à Lomé, au cours desquels plusieurs personnalités et journalistes, dont le parlementaire sénégalais Guy Marius Sagna et la députée Brigitte Adjamagbo-Johnson, auraient été agressés.
Pour les organisateurs de la conférence de presse, la tenue de l’APF à Lomé constitue « un hommage injustifié » aux autorités togolaises, alors que, selon eux, le pays est loin de respecter les principes de démocratie et de droits humains.








