Afrique

RDC : Kinshasa parmi les destinations envisagées pour des migrants afghans expulsés des États-Unis

 

La République démocratique du Congo (RDC) pourrait-elle devenir une terre d’accueil pour des migrants afghans expulsés des États-Unis ? Selon plusieurs sources humanitaires et diplomatiques, dont la coalition AfghanEvac, Kinshasa figure parmi les capitales africaines approchées par Washington dans le cadre d’un vaste projet de relocalisation.

D’après ces informations, plus d’un millier de ressortissants afghans actuellement hébergés au Qatar pourraient être transférés vers des pays d’Afrique subsaharienne. Il s’agit notamment d’anciens interprètes de l’armée américaine, d’ex-membres des forces spéciales afghanes ainsi que de leurs familles, dont environ 400 enfants.

Ces personnes avaient été évacuées après la chute de Kaboul en 2021, dans l’espoir d’une installation définitive aux États-Unis. Mais le changement d’administration à Washington a rebattu les cartes, avec la suspension des admissions et la fermeture annoncée du camp d’As-Sayliyah, au Qatar, plongeant ces déplacés dans l’incertitude.

Face à cette impasse, les autorités américaines multiplient les démarches pour trouver des pays tiers d’accueil. Plusieurs États africains, dont le Rwanda, la Guinée équatoriale ou encore l’Eswatini, auraient déjà été sollicités, certains ayant même accepté des transferts en échange d’accords financiers.

Cependant, cette stratégie suscite de vives critiques. Des organisations de défense des réfugiés dénoncent une relocalisation contrainte, loin des standards d’une réinstallation durable. AfghanEvac s’inquiète particulièrement d’un éventuel transfert vers la RDC, évoquant des préoccupations liées à la sécurité et aux capacités d’intégration.

De son côté, le département d’État américain évoque des options de « réinstallation volontaire », assurant que ces transferts permettraient aux bénéficiaires de reconstruire leur vie hors d’Afghanistan, tout en répondant aux impératifs sécuritaires des États-Unis.

Par ailleurs, la RDC a déjà accueilli un premier groupe de migrants en provenance des États-Unis. Le 16 avril dernier, quinze personnes originaires d’Amérique latine — notamment du Pérou, de la Colombie et de l’Équateur — ont été transférées à Kinshasa dans le cadre d’un accord migratoire avec Washington. Un séjour temporaire de trois à six mois est évoqué avant leur rapatriement.

Cette coopération migratoire, bien que présentée comme transitoire par les autorités congolaises, suscite des réactions politiques dans certains pays d’origine, où des voix s’élèvent pour exiger le retour immédiat de leurs ressortissants.

Dans ce contexte, l’éventualité d’un accueil de migrants afghans en RDC soulève de nombreuses interrogations, tant sur les conditions d’accueil que sur les implications politiques et sécuritaires d’un tel dispositif.

 

 

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