
Réunis à Lomé lors d’une session spéciale consacrée au financement de l’OHADA, les ministres des Finances des États membres ont appelé les pays parties à respecter leurs obligations contributives afin de garantir la stabilité financière de l’institution.
Cette rencontre, tenue vendredi dans la capitale togolaise, a permis aux responsables financiers de réfléchir aux solutions durables pour renforcer l’autonomie budgétaire de l’organisation, confrontée depuis plusieurs années à des difficultés de financement.
Les ministres plaident pour des mécanismes innovants
À l’issue des travaux, les participants ont réaffirmé leur attachement à l’OHADA, considérée comme un outil majeur de promotion du développement économique et de la sécurité juridique dans l’espace africain.
Les ministres ont encouragé les États membres à appliquer le mécanisme de financement autonome et à intégrer davantage les clauses arbitrales dans les contrats publics ainsi que dans les codes d’investissement.
Parmi les principales recommandations formulées figurent également :
- la création d’un fonds de dotation ;
- la mise en place d’un fonds dédié aux activités de normalisation comptable ;
- la valorisation du patrimoine immobilier de l’organisation ;
- ainsi que le développement de mécanismes innovants de mobilisation des ressources.
Les participants ont aussi insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les ministres des Finances dans la gouvernance de l’institution, notamment à travers des réunions régulières sur les questions budgétaires.
Lomé au cœur des réflexions sur l’avenir financier de l’OHADA
Cette session ministérielle faisait suite à la réunion des experts de l’OHADA organisée du 4 au 6 mai à Lomé. Les échanges ont notamment porté sur l’identification de nouvelles sources de financement capables de renforcer les capacités de l’organisation à accompagner les États membres dans leurs politiques de développement.
Les ministres ont examiné la situation financière actuelle de l’organisation et adopté une résolution portant sur le financement de l’OHADA, avec une révision de la clé de répartition des contributions des États parties.
Georges Barcola alerte sur la fragilité financière de l’organisation
Prenant la parole au cours des travaux, Georges Barcola, ministre togolais de l’Économie et des Finances, a rappelé le rôle stratégique joué par l’OHADA depuis sa création en 1993.
Selon lui, l’organisation s’est imposée comme un pilier essentiel de la sécurité juridique et de l’attractivité économique des pays membres. Il a toutefois déploré la persistance de la crise financière qui fragilise son fonctionnement depuis plusieurs années.
Le ministre togolais a invité le secrétariat permanent à accélérer la recherche de solutions innovantes afin d’assurer un financement durable de l’institution.
De son côté, le secrétaire permanent de l’OHADA, Mayatta M’Baye N’Diaye, a estimé que l’organisation devait préserver sa souveraineté institutionnelle en limitant sa dépendance vis-à-vis des partenaires techniques et financiers.
Créée en 1993, l’OHADA œuvre à l’harmonisation et à la modernisation du droit des affaires dans plusieurs pays africains afin de renforcer l’environnement juridique et économique du continent.
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