Santé

CHP Notsè : un premier semestre en demi-teinte qui appelle d’urgents ajustements

 

Le Centre Hospitalier Préfectoral (CHP) de Notsè a dressé le bilan de ses activités du premier semestre 2026. Entre timides avancées techniques et indicateurs de santé préoccupants, la gouvernance de l’établissement préfectoral mesure le chemin qui reste à parcourir pour répondre aux attentes sanitaires de la population du grand Haho.

Organisée le 6 août dernier dans la grande salle de réunion de l’hôpital, la revue à mi-parcours du CHP de Notsè a réuni autorités administratives, élus locaux et professionnels de santé. Cet exercice d’auto-évaluation annuel visait un objectif clair : mesurer sans complaisance les performances de l’établissement et réajuster les tirs pour le second semestre.

Des objectifs annuels encore loin d’être atteints

Prenant la parole lors de la séance d’ouverture, le directeur du CHP Notsè, M. NADJOMBE Kprikpa, a présenté un bilan mitigé. Si l’établissement enregistre un renforcement progressif de son personnel et une modernisation à petits pas de son plateau technique, la réalité des chiffres rappelle l’ampleur des défis : le CHP n’a réalisé que 39 % de ses prévisions annuelles sur les six premiers mois.

Malgré ce retard comptable et opérationnel, la direction se veut résolument optimiste. M. Kprikpa s’est dit confiant quant à la capacité de ses équipes à « mettre les pendules à l’heure » d’ici la fin de l’année, à condition d’une synergie d’intérêts renforcée entre les agents de santé et les décideurs.

De son côté, M. AFAMONDJI Christian, représentant le maire de la commune Haho 1, a salué le dévouement du corps médical tout en rappelant que la santé reste le premier pilier du développement local. Ouvrant officiellement les travaux au nom du préfet de Haho, le secrétaire général de la préfecture, M. AMEGATSE Kossitsè, a pour sa part salué la vision du gouvernement portée par le président du Conseil, Faure Gnassingbé, visant à doter le Togo d’infrastructures sanitaires plus résilientes.

Mortalité maternelle et évasions : les chiffres rouges qui inquiètent

Au-delà des discours d’usage, le diagnostic technique a mis en lumière des indicateurs alarmants au sein des différents services :

  • Létalité maternelle obstétricale : 10,75 %, un chiffre particulièrement élevé qui pointe la fragilité de la prise en charge des urgences gynécologiques et néonatales.

  • Mortalité infantile hospitalière : 5,77 %, illustrant les difficultés de suivi pédiatrique.

  • Mortalité intra-hospitalière globale : 3,81 %.

  • Taux d’évasion des patients : 8,23 %, traduisant soit des tensions sur la solvabilité financière des ménages face à la facturation des soins, soit des failles dans le suivi sécuritaire et administratif de l’hôpital.

Ces fragilités structurelles ont fait l’objet d’un examen minutieux de la part des participants. Face à ces urgences vitales, la revue à mi-parcours doit servir de déclic : des stratégies correctives immédiates ont été arrêtées pour le second semestre.

En faisant le choix de la transparence et de l’autocritique, l’administration du CHP de Notsè s’engage dans une course contre la montre. L’ambition affichée est claire : redresser la barre pour offrir aux populations du grand Haho une offre de soins plus sûre, plus accessible et véritablement performante.

Lire aussi-Togo : Le CHP Tchamba lance l’élaboration de son Projet d’Établissement Hospitalier 

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