Société

Togo / Port autonome de Lomé : Début d’une grève de 72 heures 

Le climat social prend une tournure tendue sur la plateforme portuaire de Lomé. À l’appel du Syndicat des agents du Port autonome de Lomé (SYAPAL), les travailleurs ont déclenché ce mardi 11 août un débrayage de trois jours. En cause : le manque d’avancées sur leur plateforme revendicative après des semaines de négociations au point mort.

Sauf dénouement de dernière minute, les activités au Port autonome de Lomé (PAL) tourneront au ralenti jusqu’au jeudi 13 août à 23h59. Réunis sous la bannière du SYAPAL, les agents dénoncent la « mauvaise foi » de la direction générale et pointe du doigt un « simulacre de dialogue social ».

Sur le terrain, des ralentissements ont été observés dès les premières heures de la journée sur les opérations de manutention et le traitement des marchandises.

12 points de revendication au cœur du litige

Ce mouvement fait suite à un premier avertissement donné en juin dernier. À l’époque, le syndicat avait accepté de suspendre un premier mot d’ordre de grève pour accorder un délai de grâce de 30 jours à l’administration. Peine perdue, selon les responsables syndicaux, qui estiment n’avoir reçu aucune réponse satisfaisante à leurs demandes.

Les griefs du personnel s’articulent autour de 12 points cardinaux :

  • Cadre de travail : Établissement d’un statut clair pour le personnel, respect des pauses, du repos hebdomadaire et des congés payés.

  • Protection sociale : Affiliation urgente des dockers occasionnels à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS).

  • Rémunération : Paiement des heures supplémentaires, application de l’accord collectif d’établissement, octroi de primes de salissure et de manutention, et prise en compte de l’ancienneté.

En plus de cet arrêt de travail, le SYAPAL a annoncé son intention de porter l’affaire devant les tribunaux pour exiger des réparations collectives et individuelles liées à la violation des statuts du personnel.

Un enjeu stratégique pour l’économie nationale et régionale

Cette paralysie temporaire intervient dans un contexte où les autorités togolaises multiplient les investissements pour moderniser et digitaliser le Port de Lomé, véritable hub logistique pour la sous-région et porte d’entrée privilégiée vers les pays de l’hinterland (Mali, Burkina Faso, Niger).

Si la grève venait à se prolonger ou à être reconduite, les répercussions économiques pourraient rapidement dépasser les frontières togolaises. Pour l’heure, la direction générale du Port autonome de Lomé n’a pas encore réagi publiquement aux revendications des grévistes.

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