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Sénégal : Déclaration de patrimoine, l’Assemblée nationale sous tension autour de la révision de l’article 37

C’est un véritable bras de fer politique et juridique qui se joue ce lundi 17 août sur les bancs de l’Assemblée nationale. Les députés sont appelés à examiner la proposition de loi portant modification de l’article 37 de la Constitution, initiée par la majorité parlementaire Pastef. Le texte vise à imposer au président de la République la déclaration et la publication de son patrimoine, non seulement lors de sa prise de fonction, mais également à son terme.

Cependant, les débats en commission ont pris une tournure inattendue. Le gouvernement a tenté d’introduire un amendement étendant cette obligation de transparence au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale. Une initiative rejetée par la commission pour vice de forme.

« L’article 37 est inscrit au Titre III relatif au Président de la République. Comment l’Exécutif peut-il vouloir y inclure d’autres institutions ? », s’est insurgé le député de la majorité Guy Marius Sagna, dénonçant une « erreur de débutant » et accusant le chef de l’État de privilégier des manœuvres politiques politiciennes.

Le « vote bloqué », l’arme de l’Exécutif

Face au rejet de ses amendements, le gouvernement n’a pas dit son dernier mot. L’Exécutif conserve une cartouche de taille : le recours à l’article 82-4 de la Constitution, plus communément appelé le « vote bloqué ».

Comme le rappelle le Dr Mor Fall, enseignant-chercheur en droit, cette disposition permet au gouvernement d’exiger un vote unique de l’Assemblée sur tout ou partie du texte, en ne retenant que les seuls amendements qu’il a proposés ou acceptés.

Suspicion de règlement de comptes au sommet

Au-delà de la bataille de procédures, cet épisode met en lumière de profondes frictures politiques. Si la réforme en elle-même est saluée sur le principe par une partie de la classe politique, les adversaires politiques d’Ousmane Sonko y voient une instrumentalisation de l’hémicycle.

Selon ses détracteurs, le président de l’Assemblée nationale chercherait à utiliser le levier parlementaire pour accentuer la pression et solder ses comptes avec le président de la République, traduisant l’écart désormais visible entre les visions politiques des deux hommes.

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