Crise migratoire à Ceuta : Pourquoi les mineurs marocains refusent-ils le rapatriement exigé par Rabat ?

Depuis la dernière crise migratoire à Ceuta, le sort des mineurs non accompagnés est au cœur de vives tensions politiques entre Madrid et Rabat. Alors que le gouvernement marocain réclame le retour de l’ensemble de ses jeunes ressortissants, ces derniers s’opposent catégoriquement à un rapatriement.
Rabat exige leur retour, la loi espagnole bloque l’expulsion collective
Le Maroc tient les autorités espagnoles pour responsables de la précarité des mineurs isolés présents dans l’enclave espagnole. Toutefois, la législation de Madrid interdit tout retour collectif : la justice espagnole impose un examen individuel du dossier de chaque enfant avant toute décision de reconduite à la frontière.
Des conditions de vie extrêmement précaires sur place
Rien qu’à Ceuta, le nombre de personnes non enregistrées est estimé entre 7 000 et 10 000 par les bénévoles sur le terrain. Face à l’absence de prise en charge globale, les ONG locales assurent la survie des exilés dans des installations de fortune :
Un hébergement précaire : Près de 1 000 mineurs dorment à la rue ou dans des cabanes construites en carton et en bois le long du littoral.
Soutien d’urgence : Distribution de nourriture et soins médicaux de base (traitement des blessures, infections cutanées et pathologies respiratoires).
Point de regroupement : La plage del Trampolín est devenue le centre d’accueil informel où se croisent exilés africains et du Moyen-Orient.
Des perspectives d’avenir jugées inexistantes au Maroc
L’espoir d’atteindre l’Europe continentale l’emporte sur les risques du quotidien. Pour la majorité de ces jeunes, l’idée d’un retour en Afrique du Nord est perçue comme un renoncement total à leurs projets d’avenir.
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