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Afrique

Algérie : la peine de mort bientôt étendue aux incendiaires et aux ravisseurs d’enfants ?

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L’Algérie s’apprête à durcir considérablement son arsenal juridique. Dans le sillage des feux de forêts meurtriers de l’été dernier, le gouvernement défend devant l’Assemblée populaire nationale un projet de loi visant à étendre l’application de la peine de mort à de nouveaux crimes, notamment les incendies volontaires et les enlèvements d’enfants.

« Il y a des instructions strictes venant du président de la République pour préparer rapidement un nouveau texte sur la peine de mort », a affirmé le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaâ, lors d’un déplacement à Oran. Justifiant cette révision, le garde des Sceaux a martelé que ces actes « menacent directement la sécurité, l’ordre public et la stabilité sociale ».

Le projet de texte se veut intransigeant : la peine capitale visera non seulement les auteurs directs des incendies volontaires, mais aussi leurs commanditaires, financiers et complices. S’agissant de l’enfance, le texte prévoit de condamner à mort les auteurs d’enlèvements d’enfants, avec des circonstances aggravantes en cas de tortures, d’agressions sexuelles ou de sévices.

Levée de boucliers de la société civile

Cette offensive législative passe mal auprès des défenseurs des droits humains, qui y voient une rupture nette avec la ligne observée par Alger depuis trois décennies. Plusieurs organisations et associations ont publié une tribune cette semaine pour exiger la suspension de ce projet et le maintien du moratoire sur la peine capitale, en vigueur depuis 1993.

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Pour Aïssa Rahmoune, secrétaire général de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et président du Collectif de sauvegarde de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme, le choc est vif. Il dénonce un exécutif qui « remet en cause les principes fondateurs de l’État de droit » et accuse le régime de vouloir se dédouaner de ses propres responsabilités institutionnelles face à la gestion des récents incendies catastrophiques.

En faisant marche arrière sur la peine de mort, l’Algérie risquerait de manquer à ses engagements internationaux, alertent les signataires de la tribune, qui demandent aux autorités de s’engager plutôt vers une abolition définitive. Selon les données d’Amnesty International, au moins 273 personnes se trouvaient dans les couloirs de la mort en Algérie en 2025.

Lire aussi-Coopération : Le Niger et l’Algérie accélèrent la concrétisation de leurs grands projets énergétiques

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