Le Niger cherche à renforcer la sécurisation de sa frontière avec la Libye. Le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, a effectué une visite à Benghazi, dans l’est libyen, achevée le lundi 2 novembre 2026. À cette occasion, Niamey a conclu un protocole d’accord avec le camp du maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle cette partie du territoire libyen.
Ce rapprochement intervient dans un contexte régional marqué par des enjeux sécuritaires croissants. Le contenu du protocole signé à Benghazi n’a pas été rendu public. La rencontre entre le chef du gouvernement nigérien et Khalifa Haftar constitue néanmoins un signal de rapprochement entre les deux camps.
Une coopération pour sécuriser la frontière
Le Niger et la Libye partagent plus de 300 kilomètres de frontière. Cette zone désertique est notamment traversée par des groupes rebelles opposés au pouvoir militaire de Niamey. Pour les autorités nigériennes, le renforcement de la coopération avec les forces de l’Est libyen pourrait contribuer à mieux contrôler cet espace sensible.
Selon l’analyste Jelal Harchaoui, spécialiste de la Libye, cette initiative traduit une volonté de renouer des relations pragmatiques entre les deux centres de pouvoir. Il estime que le dialogue pourrait permettre d’éviter les actions susceptibles de fragiliser mutuellement les intérêts des deux parties.
Ce rapprochement intervient également quelques mois après la libération par le camp Haftar du rebelle nigérien Mahmoud Salah. Un épisode qui avait illustré les relations délicates entre les autorités de Niamey et les forces présentes dans l’Est libyen.
L’Algérie et la Russie au cœur des enjeux régionaux
Cette visite intervient quelques jours après l’annonce par Alger de l’envoi d’unités algériennes au Niger. Pour Jelal Harchaoui, le regain d’intérêt pour la frontière entre les deux pays pourrait notamment être lié à ce déploiement.
L’analyste souligne également la présence de la Russie dans les différents espaces concernés. Moscou entretient des relations avec l’Algérie, les autorités nigériennes et le camp Haftar. Cette position pourrait lui conférer un rôle de médiation dans les évolutions sécuritaires et diplomatiques de la région.
Pour Niamey, l’enjeu est aussi opérationnel. Les forces nigériennes sont mobilisées sur plusieurs fronts sécuritaires et disposent de capacités limitées pour projeter des unités supplémentaires dans cette zone frontalière.
Niamey maintient plusieurs canaux de coopération en Libye
Le rapprochement avec Khalifa Haftar ne signifie pas nécessairement une rupture avec les autorités de Tripoli, qui contrôlent l’ouest libyen. Le Niger entretient également des relations avec ce pouvoir, dans un contexte où les rivalités entre les deux centres de pouvoir libyens restent importantes.
En multipliant les contacts, Niamey semble privilégier une approche pragmatique pour défendre ses intérêts sécuritaires. La coopération avec Benghazi pourrait ainsi contribuer à renforcer la surveillance de la frontière et à limiter les menaces transfrontalières.
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