
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi affirme qu’il ne briguera pas un nouveau mandat à l’issue de celui qui prendra fin en 2030. Une déclaration faite le 17 octobre dernier devant des élèves de l’Académie militaire, alors que son maintien au pouvoir et les conditions de sa succession alimentent les interrogations.
« La période qui mène à 2030 constituera la fin de mon mandat de président, si je suis toujours en vie. L’affaire est parfaitement réglée et elle ne fera pas l’objet de discussion », a déclaré le chef de l’État égyptien lors d’une cérémonie de remise de diplômes.
Cette annonce intervient après plusieurs modifications constitutionnelles qui ont permis à Abdel Fattah al-Sissi de prolonger sa présence à la tête du pays. Arrivé au pouvoir en 2014 après le renversement de Mohamed Morsi, il a été réélu en 2018 puis en 2023.
Un engagement après plusieurs changements constitutionnels
La Constitution adoptée en 2014 limitait le mandat présidentiel à deux périodes de quatre ans. Mais une révision constitutionnelle en 2019 a porté la durée du mandat à six ans et prévu des dispositions permettant à Sissi de se représenter en 2023.
Le président, âgé de 71 ans, affirme désormais qu’il ne cherchera pas à modifier une nouvelle fois les règles pour rester en fonction au-delà de 2030.
Cette promesse suscite toutefois des interrogations chez ses opposants, au regard de ses précédents engagements et des conditions politiques dans lesquelles il a accédé au pouvoir.
La succession au cœur des interrogations
Au-delà de l’annonce de son départ, Abdel Fattah al-Sissi a évoqué les critères de sélection de futurs dirigeants. Selon ses déclarations, les candidats potentiels devraient avoir entre 40 et 50 ans, appartenir à une élite de diplômés et suivre une formation de trente mois à l’Académie militaire.
Cette formation doit notamment leur permettre d’acquérir des connaissances sur le fonctionnement de l’État et de ses institutions. Jusqu’à 1 000 candidats pourraient être concernés par ce processus, selon les propos du président.
Sissi a également indiqué qu’il quitterait ses fonctions lorsqu’il estimerait que les candidats sont prêts à prendre la relève. Une précision qui laisse ouverte la question du rôle qu’il entend jouer dans le choix de son successeur.
Le poids de l’armée dans le système politique
La place de l’institution militaire constitue un autre élément central du débat. Le chercheur Marc Lavergne, spécialiste du Moyen-Orient et de la Corne de l’Afrique, cité dans l’article source, estime que le pouvoir égyptien ne repose pas uniquement sur la personne du président, mais aussi sur un système militaire dans lequel les hauts responsables jouent un rôle important.
La déclaration de Sissi ne suffit donc pas, à elle seule, à établir les conditions d’une future alternance politique. Reste à savoir si son engagement se traduira par un véritable changement dans la gouvernance du pays ou par une succession organisée selon les critères définis par le pouvoir actuel.
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