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Sommet Russie-Afrique : Moscou et l’UA adoptent une déclaration de 101 points

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Moscou a accueilli, les 28 et 29 octobre 2026, le troisième Sommet Russie-Afrique. À l’issue des travaux, les participants ont adopté une déclaration finale de 101 points destinée à renforcer la coopération entre la Russie et les pays africains dans les domaines politique, sécuritaire, économique, énergétique et humanitaire. Un plan d’action pour la période 2027-2029 figure également parmi les principaux textes issus de cette rencontre.

Le partenariat entre la Russie et l’Afrique franchit une nouvelle étape. Réunis à Moscou les 28 et 29 octobre 2026, les dirigeants et représentants des États africains, aux côtés des responsables russes et de la direction de l’Union africaine, ont adopté une déclaration commune comprenant 101 points.

Ce document définit les grandes orientations de la coopération entre les deux parties et réaffirme leur volonté de développer un partenariat fondé sur la souveraineté des États, le respect mutuel et la concertation dans les instances internationales.

La déclaration finale est structurée autour de cinq grands axes : la coopération politique et juridique, la sécurité, le commerce et l’économie, les sciences et les questions humanitaires, ainsi que l’environnement et le climat.

Une place plus importante pour l’Afrique dans les instances internationales

Sur le plan politique, Moscou et ses partenaires africains souhaitent renforcer leur coordination au sein des organisations internationales, notamment aux Nations unies.

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La réforme du Conseil de sécurité de l’ONU occupe une place importante dans le document. Les participants plaident pour une représentation accrue des États africains au sein de cet organe, en tenant compte des positions communes du continent, notamment le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte.

Les signataires expriment également leur opposition aux sanctions unilatérales et aux mesures coercitives qu’ils considèrent contraires à la Charte des Nations unies. Ils souhaitent renforcer leur coopération pour faciliter l’assouplissement ou la levée des restrictions internationales visant certains pays africains lorsque celles-ci ne sont plus pertinentes.

Autre point notable : la question des conséquences de la colonisation. La déclaration prévoit de rechercher des mécanismes juridiques permettant d’évaluer et de compenser les préjudices subis par les pays africains durant la période coloniale.

Sécurité et lutte contre le terrorisme au cœur des engagements

Le deuxième axe concerne la sécurité et la stabilité du continent africain. La Russie et les États africains entendent privilégier le dialogue, la négociation et la médiation pour prévenir les conflits et favoriser le règlement pacifique des crises.

Le texte réaffirme également le principe selon lequel les problèmes africains doivent trouver des solutions africaines. Il soutient les initiatives de l’Union africaine visant à faire taire les armes sur le continent à l’horizon 2030.

La lutte contre le terrorisme et l’extrémisme constitue une autre priorité. Les participants souhaitent promouvoir un mécanisme permanent de dialogue Russie-Afrique de haut niveau afin de coordonner leurs efforts dans ce domaine.

La coopération devrait également porter sur la criminalité organisée, les trafics illicites, le financement du terrorisme, la piraterie et les nouvelles formes de menaces liées aux technologies numériques.

La sécurité alimentaire et énergétique figure aussi parmi les préoccupations communes, avec la volonté de garantir des approvisionnements réguliers en denrées alimentaires et en produits agricoles, particulièrement en faveur des pays africains.

Commerce et investissements : diversifier les échanges

Le volet économique représente la partie la plus importante de la déclaration, avec 33 points sur les 101 adoptés.

Moscou et les pays africains entendent intensifier leurs échanges commerciaux, réduire les obstacles au commerce et encourager les investissements dans les secteurs stratégiques.

Une attention particulière est accordée à la transformation locale des matières premières. Les parties souhaitent favoriser l’installation d’unités de production sur le continent africain afin de permettre aux pays producteurs de tirer davantage de valeur de leurs ressources naturelles.

La déclaration prévoit également de soutenir les petites et moyennes entreprises, de développer les partenariats public-privé et de multiplier les rencontres entre opérateurs économiques russes et africains.

Par ailleurs, les participants appellent à une réforme du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale afin de renforcer la représentation des pays africains dans les instances de décision de ces institutions.

La mise en place de mécanismes de paiement fiables et adaptés aux échanges entre les deux parties figure également parmi les engagements retenus.

Énergie : pétrole, gaz, nucléaire et renouvelables

La coopération énergétique constitue un autre pilier du partenariat.

La Russie et les pays africains souhaitent développer des projets dans les secteurs du pétrole, du gaz naturel, de l’énergie nucléaire civile, de l’hydroélectricité et des énergies renouvelables.

Les signataires mettent notamment en avant la nécessité de garantir un accès à une énergie abordable et fiable pour accompagner l’industrialisation et le développement économique du continent.

La déclaration fait également référence à l’initiative africaine Mission 300, qui ambitionne de fournir un accès à l’électricité à 300 millions de personnes en Afrique d’ici à 2030.

Dans cette perspective, les parties entendent renforcer les investissements, les transferts de compétences et les partenariats techniques dans le secteur énergétique.

Éducation, santé et recherche scientifique

La coopération humanitaire et scientifique occupe également une place importante dans le document, avec 19 points consacrés aux sciences, à l’éducation, à la santé, à la culture, au sport, à la jeunesse et aux médias.

Dans le domaine universitaire, les deux parties souhaitent multiplier les partenariats entre établissements d’enseignement supérieur, développer les échanges d’étudiants et encourager les programmes communs de recherche.

La formation professionnelle, les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle et les sciences appliquées figurent parmi les secteurs identifiés.

En matière de santé, les engagements portent notamment sur la formation des personnels médicaux, l’accès aux médicaments et aux équipements sanitaires, ainsi que le renforcement des capacités de prévention et de lutte contre les épidémies.

La coopération devrait également inclure le développement de laboratoires, les échanges d’expertise et la mise à disposition de moyens de diagnostic et de prévention.

Patrimoine culturel et coopération médiatique

La déclaration accorde une attention particulière à la préservation du patrimoine culturel africain.

Les participants réaffirment la nécessité de protéger les biens culturels et les monuments historiques, tout en soutenant le retour dans leurs pays d’origine des objets et œuvres emportés durant la période coloniale.

Les échanges culturels, sportifs et touristiques devraient également être renforcés.

Dans le secteur des médias, Moscou et les pays africains envisagent de développer les partenariats entre organes de presse, de faciliter l’ouverture de bureaux de représentation et de multiplier les programmes de formation destinés aux journalistes.

Des projets médiatiques communs et des échanges d’informations figurent également parmi les pistes de coopération.

Environnement et changement climatique

Les dix derniers points de la déclaration sont consacrés à l’environnement et au climat.

Les deux parties souhaitent développer des initiatives communes portant sur la lutte contre le changement climatique, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le reboisement et l’adaptation aux conséquences du réchauffement climatique.

La question de l’accès à l’eau et de la lutte contre sa raréfaction figure également parmi les préoccupations exprimées.

Le document prévoit par ailleurs de renforcer la coopération dans l’économie maritime, notamment à travers l’aquaculture, les biotechnologies marines, les énergies renouvelables et la recherche scientifique liée aux océans.

Un plan d’action pour la période 2027-2029

Au-delà de la déclaration finale, le troisième Sommet Russie-Afrique a également été marqué par l’adoption de deux autres textes importants.

Il s’agit notamment du plan d’action du Forum de partenariat Russie-Afrique pour la période 2027-2029, qui comprend 236 points destinés à préciser les modalités pratiques de mise en œuvre des engagements pris.

Ce programme prévoit une implication des ministères, administrations et organismes compétents des deux parties.

Un dispositif de suivi est également envisagé, avec l’organisation de conférences ministérielles annuelles en alternance entre la Russie et les pays africains, afin d’évaluer les progrès réalisés et de coordonner les prochaines initiatives.

Une déclaration spécifique consacrée à la coopération dans les applications civiles de l’intelligence artificielle a également été adoptée.

Vers une nouvelle étape du partenariat Russie-Afrique

Avec l’adoption de ces différents textes, le sommet de Moscou entend donner une nouvelle impulsion aux relations entre la Russie et le continent africain.

Les engagements couvrent des domaines stratégiques allant de la sécurité aux investissements, en passant par l’énergie, l’éducation, la santé et les nouvelles technologies.

Reste désormais la question de leur mise en œuvre effective. La concrétisation des 101 points de la déclaration et du plan d’action 2027-2029 dépendra notamment de la mobilisation des États concernés, des financements disponibles et du suivi des projets annoncés.

Pour Moscou et ses partenaires africains, l’objectif affiché est de faire évoluer leur coopération vers des projets davantage structurés et des résultats concrets au bénéfice des économies et des populations du continent.

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