Autoroute Abidjan-Lagos : les ministres des cinq pays réunis à Lomé pour accélérer le projet

Le Togo, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Bénin et le Nigeria veulent franchir une nouvelle étape dans la réalisation de l’autoroute du corridor Abidjan-Lagos. Réunis le vendredi 30 octobre 2026 à Lomé, les ministres chargés des infrastructures ont examiné les conditions techniques et financières nécessaires à l’accélération de ce projet régional. Le coût estimatif de l’infrastructure, initialement évalué à 15 milliards de dollars, pourrait désormais être ramené à 13 milliards, voire 10 milliards de dollars selon les options étudiées.
L’autoroute Abidjan-Lagos revient au centre des discussions régionales. La capitale togolaise a accueilli, le vendredi 30 octobre 2026, la 23e réunion du Comité ministériel de pilotage du projet de développement de cette infrastructure routière majeure pour l’Afrique de l’Ouest.
Les travaux se sont déroulés au siège de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), après une réunion technique du Comité des experts organisée les 26 et 27 octobre à Lomé.
Les ministres et représentants des cinq pays concernés, à savoir la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria, ont échangé avec les représentants de la CEDEAO, de la Banque africaine de développement (BAD) et de l’Autorité de gestion du corridor Abidjan-Lagos (ALCoMA).
L’objectif est de faire progresser les préparatifs et de lever les principaux obstacles à la réalisation de cette infrastructure transnationale.
Le coût du projet revu à la baisse
L’un des principaux points abordés au cours de cette réunion concerne le financement de l’autoroute.
Initialement estimé à 15 milliards de dollars, le coût global du projet pourrait être ramené à 13 milliards, voire à 10 milliards de dollars, selon les différentes options de structuration examinées.
Au nom du Togo, le ministre délégué chargé des Travaux publics et des Infrastructures, Sani Yaya, a salué cette évolution tout en encourageant les experts et les partenaires financiers à poursuivre les efforts d’optimisation.
Pour Lomé, la réduction des coûts constitue un enjeu important pour faciliter la mobilisation des financements et améliorer la viabilité économique de l’ensemble du corridor.
Le Togo propose une gestion commune des terrains
La question de la libération des emprises foncières nécessaires à la construction constitue un autre défi majeur.
Le Togo estime que les cinq États ne devraient pas gérer séparément cette opération, au risque de créer des retards susceptibles de compromettre la continuité de l’autoroute.
Sani Yaya a ainsi plaidé pour une approche centralisée et coordonnée par l’ALCoMA, avec l’accompagnement des partenaires financiers.
Cette démarche permettrait de mieux organiser les procédures d’expropriation, d’indemnisation et de mise à disposition des terrains.
L’objectif est d’éviter qu’un retard dans un seul pays ne bloque l’avancement de l’ensemble du corridor.
Une caisse commune pour partager les charges financières
Autre proposition défendue par le Togo : la mise en place d’un mécanisme de solidarité financière entre les cinq pays.
En effet, les différentes portions de l’autoroute ne présenteront pas nécessairement les mêmes niveaux de trafic et de rentabilité.
Certaines sections pourraient générer davantage de recettes que d’autres. Pour éviter que les pays traversés par les tronçons les moins rentables supportent seuls les charges financières, Lomé propose un mécanisme commun de péréquation.
Ce dispositif permettrait de mieux répartir les ressources et les charges liées à l’exploitation de l’infrastructure.
Le Togo souhaite également éviter une réalisation fragmentée par phases qui pourrait compromettre la continuité du corridor.
L’ALCoMA doit devenir pleinement opérationnelle
Les discussions ont également porté sur l’opérationnalisation de l’Autorité de gestion du corridor Abidjan-Lagos.
Cette structure supranationale est appelée à assurer la coordination du développement, de la construction et de la gestion de l’infrastructure.
Si son conseil d’administration est déjà constitué, le Togo souhaite que les autres organes soient rapidement mis en place, notamment à travers le recrutement du directeur général et des responsables techniques.
La Côte d’Ivoire a, de son côté, été saluée pour son engagement concernant l’installation du siège de l’autorité et la mise à disposition de l’accord de siège.
Une autoroute de 1 028 kilomètres reliant cinq pays
Longue d’environ 1 028 kilomètres, l’autoroute Abidjan-Lagos doit relier cinq pays d’Afrique de l’Ouest : la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria.
Conçue comme une infrastructure autoroutière supranationale à six voies, elle doit faciliter les déplacements des personnes et des marchandises entre les principales agglomérations et zones économiques de la façade atlantique ouest-africaine.
Sa réalisation devrait contribuer à réduire les coûts de transport, à fluidifier les échanges commerciaux et à renforcer les connexions entre les économies des cinq pays.
Le corridor pourrait également favoriser le développement de nouvelles activités économiques, industrielles et logistiques.
Des travaux annoncés à partir de 2027
Selon les perspectives communiquées par la Banque africaine de développement, le démarrage des travaux est envisagé en 2027, pour une durée prévisionnelle de quatre ans, avec une mise en service visée autour de 2031.
Ces échéances restent toutefois conditionnées à la finalisation des préparatifs techniques, à la mobilisation des financements et à la libération des emprises foncières.
Pour les cinq pays concernés, le défi est désormais de transformer les engagements politiques et les avancées techniques en réalisations concrètes.
La réunion de Lomé marque ainsi une nouvelle étape dans les discussions autour d’un projet qui pourrait profondément transformer les échanges commerciaux et la mobilité en Afrique de l’Ouest.
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